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Chopin en 1835 (peinture de Maria Wodzińska)

Le compositeur et pianiste polonais Frédéric Chopin est né en 1810 près de Varsovie, puis s’installe en France, où il meurt à l’âge de 39 ans. Si jusqu’à présent nous étions convaincus qu’il était atteint de tuberculose, en 2008, des experts médicaux polonais proposeront une version bien différente :  fibrose kystique, une maladie héréditaire grave, dont les patients atteints de forme aiguë vivent rarement jusqu’à 30 ans. Cette année, une nouvelle équipe de recherche dirigé par la professeur Michal Witt tenteront de clarifier le diagnostic en étudiant le cœur du compositeur, 168 ans stockés dans du cognac dans un flacon de cristal. Si les scientifiques n’ont pas eu l’autorisation d’ouvrir le récipient hermétiquement scellé, c’est par le biais de photographies qu’ils analyseront son aspect. Selon les premières constations cela correspondrais au diagnostic original : la tuberculose, comme l’a précisé le Directeur de recherche, le professeur Michal Witt.

Les résultats ainsi que des photographies inédites du cœur seront publiés dans la revue American Journal of Medicine. Cependant, exclure la possibilité d’une fibrose kystique ne sera permise seulement à la suite de l’analyse de l’ADN isolé du tissu cardiaque ; C’est le seul moyen de savoir si le compositeur était porteur de la mutation du gène CFTR, qui conduit au développement de cette maladie. Depuis 2008, le ministère de la Culture Polonais rejette toutes les demandes d’extraction du cœur de Chopin par crainte que la procédure ne détruise définitivement l’organe. Chopin est l’une des figures les plus célèbres de la culture polonaise, et son cœur, conservé dans de l’alcool, est un objet de patrimoine précieux pour les Polonais.

Actuellement, le cœur de Chopin est conservé dans le Temple de la Sainte Croix à Varsovie dans un liquide transparent de couleur ambrée, que les experts considèrent comme une sorte de cognac ; rappelons qu’après la Révolution française, cette boisson sera utilisée le plus souvent pour la conservation des organes comme le notent les historiens.

S’il est courant de constater le développement d’un bouleversement symptomatique cardiaque dans le cadre de pathologies infectieuses, les nombreux changements physiologiques survenant post-mortem sur le cœur peuvent cependant déformer la réalité histologique. Les formes chroniques de myocardite incluent la myocardite tuberculeuse. Le bacille tuberculeux s’infiltre au sein du muscle cardiaque lors de son cycle cellulaire. Par conséquent, il y a plus d’un demi-siècle, des lésions myocardiques causées par la tuberculose sont tout à fait probables. Nous comptons environs 100 à 110 cas de tuberculose cardiaque par ans à travers le monde. Au cours des 2-3 dernières années, les rapports publiés démontre un lien évident entre myocardite et tuberculose pulmonaire, mais l’incidence des lésions du myocarde et l’étiologie sont évalués différemment.
Naturellement, la plupart des analyses sont effectuées par des pathologistes. Un échantillon de tissu cardiaque est alors soumis à un examen macroscopique et microscopique ; de cette analyse, d’importantes lésions ont rarement été étudiées. Cependant dans le cas de possibles lésions apparentes sur le cœur, il est alors évident qu’un processus hématogène disséminé ou une pathologie progressive entraînant de sévères complications ont prévalu.

A titre d’information voici le résultat d’analyse réalisée en 1828 sur 118 cœurs d’enfants précisons-le.

Sur 118 cœurs de jeunes patients décédés des suites d’une forme graves de tuberculose, des changements spécifiques visible sur le cœur ne seront observée que dans seulement 2 cas.

50 cas présenteront des signes évidents d’inflammations myocardiques.

22% des cas présenteront une destruction spécifique du muscle cardiaque dont l’origine sera vraisemblablement causée par la présence du bacille tuberculeux.

Concernant les cas restants, les changements inflammatoires étaient de nature toxique et allergique.

Enfin rappelons que la tuberculose provoque également des changements de poids et de volume du cœur, les doublant dans la plupart des cas.

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Une réflexion sur “L’analyse du cœur de Frédéric Chopin refusée par le gouvernement Polonais.

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