Dracula restera synonyme de vampirisme, du moins au sens figuré du terme. Mais qu’en est-il au sens littéral ?

 

Tout commence lorsqu’un paysan serbe du nom de Peter Plogoevits meurt en 1725 et est enterré dans son village natal de Kirillov. Moins de deux mois plus tard, c’est au tour de neuf autres paysans de trouver la mort dans des conditions particulièrement mystérieuses. Surtout lorsque l’on sait que ces neuf décès se sont produits en moins d’une semaine. Sur leur lit de mort, ils ont tous déclaré que Plogoevits leur apparaissait en rêve, s’avançant vers eux et leur suçant le sang. Autrement dit, au lieu de reposer tranquillement dans la tombe pour l’éternité, il serait réapparu d’entre les mort sous l’apparence d’un vampire. Au XVIIIe siècle, cette partie de la Serbie était sous la domination impériale autrichienne. Une ouverture de la tombe sera demandée. L’inspecteur impérial refusa une première fois d’autoriser la pratique de l’exhumation, mais céda devant l’instance d’une population particulièrement inquiète.  Les habitants étaient catégoriques. « Si nous ne sommes pas autorisés à examiner le corps de nos propres yeux alors nous partiront avant que l’esprit du mal ne nous détruise tous. ». Ainsi, l’inspecteur impérial accompagné d’un prêtre assistera à l’exhumation ainsi qu’à l’examen du corps et déclareront ce qui suit : « Le corps, à l’exception du nez, partiellement décomposé, est en excellent état de conservation. Les cheveux et la barbe, ainsi que les ongles, continuent de croître ; le défunt donne l’impression d’avoir mué et une nouvelle peau est apparue sous l’ancienne.  Non sans surprise, nous avons constaté des traces de sang sur la bouche, ce qui, selon les observations, permet de confirmer son identité nouvelle de vampire assoiffé de sang. » Conduit par la peur, la population s’empara rapidement de pieux qu’ils planteront directement dans le cœur de Plogoevits. Et tandis que du sang frais coulait de sa poitrine, de ses oreilles et de sa bouche, le corps sera brûlé et ses cendres dispersées.

Plogoevits a vécu à une époque où, en Europe de l’Est, les légendes et les mythes sur les vampires étaient en plein essor. Aux XVII-XVIII siècles, partout, on croyait que les morts se réincarnait dans le corps d’âmes immortelles et attaquaient les vivants afin de leur ôter la vie mais surtout afin de se nourrir de sang frais. Mais l’idée de ces créatures terribles et de leur passion cauchemardesque pour le sang, prenait des formes différentes dans certaines parties d’Europe.

En 1912, un agriculteur hongrois était convaincu qu’un jeune garçon de 14 ans décédé peu avant, l’avait visité la nuit. Le paysan effrayé et ses amis, creusèrent la tombe du malheureux, déposèrent trois gousses d’ail ainsi que trois grosses pierres à l’intérieur de sa bouche, puis le fixèrent au sol avant de le poignardé le cœur. La police lors des premières constatations, déclarera que le but de cette manœuvre, poussée par une peur incontrôlable et une croyance très ancrée dans les esprits, était de faire cesser ces visites nocturnes pour toujours.

Ces craintes sont encore et toujours fermement accrochées dans notre inconscient collectif. Que ce soit dans les œuvres littéraires ou cinématographiques l’image emblématique du vampire fait vendre et fascine toujours. Ils jouissent également d’une qualité érotique incontournable, s’invitant dans le lit de ses victimes en pleine nuit, mordant la partie la plus sensuelle et gracieuse de celle-ci, paralysées par la peur et le désir : le cou…ressentant presque l’envie inavouée et inavouable de se laisser emporter … et confirmant ainsi les mots d’Oscar Wilde : « Le seul moyen de résister à la tentation est d’y céder. » Cette image sensuelle, nous la retrouvons notamment dans le film de Neil Jordan, film incontournable : « Entretien avec un vampire » ou chaque scène est une ode à la sensualité et à l’érotisme pur.

Dans tous les cas, sous quelque forme que ce soit, le vampirisme est ancré dans nos pensées, et ce, depuis des siècles.

Alors que le christianisme s’étendait dans toute l’Europe, les histoires de vampires se multipliaient. Le livre « Malleus Maleficarum » d’Henri Institoris et Jacques Sprenger, publié pour la première fois en 1481, décrit les procédures pour identifier et éliminer les vampires et autres créatures paranormales. Les vampires sont dépouillés et décapités sans pitié. De telles histoires sont retrouvées dans le folklore des peuples du monde entier depuis des siècles. Mais les rapports des vampires, comme nous les présentons aujourd’hui, semblent être apparu pour la première fois au XVIe siècle en Europe de l’Est, où la Hongrie et la Roumanie sont aujourd’hui. En 1526, le sultan turc Suleiman the Great a vaincu le roi hongrois en bataille. La Hongrie était divisée en trois parties : l’une gouvernée par les Turcs eux-mêmes, l’autre allait aux Habsbourg, et la troisième, la Transylvanie indépendante, était régie par de petits princes spécifiques. C’est dans ces régions éloignées que les préjugés associés au vampirisme prendront véritablement de l’ampleur.

La Transylvanie – la terre où se livraient des batailles sanglantes et où la noblesse construisait de sombres châteaux sur les pentes douces des Carpates – était toujours considéré comme un lieu mystérieux. Les montagnes boisées étaient habitées par des paysans profondément religieux.[1] La vie au centre d’un tel tourbillon était un véritable enfer pour les paysans de Transylvanie, qui ne dépendaient que de leurs terres. Les épidémies qui y sont nées se sont répandues comme une trainée de poudre dans la région et ont dévasté des villes entières. Ces événements terribles ont non seulement renforcé la croyance et la peur des vampires mais également la peur de la mort en elle-même.

On croyait qu’un corps recouvert de sang pourrait rapidement devenir une victime d’un vampire et devenir un vampire lui-même, car la morsure implique la conversion (comme dans le cas des chats enragés), mais dans le folklore européen, il existe des croyances qui suspectent également : les nouveau-nés arrivés à la vie encore confortablement enveloppé de leur placenta, les enfants nés le jour de Noël et plus généralement dans circonstances inhabituelles ,  les malformations sont également très mal vu, les becs de lièvres, une déformation du crâne ou des membres ou un comportement considéré comme en dehors de la norme. En Grèce, où la population présente pour la plupart des yeux foncés, ceux aux yeux clairs étaient également considérés comme vampires.

Les anciens Grecs enterré les morts avec de l’obole (monnaie de la Grèce Antique) dans la bouche. Elle empêchait les mauvais esprits d’entrer dans celle-ci. Et au XIX siècle, les Grecs, d’une manière similaire, ont empêché la pénétration des Vorikas, en fixant à la cire une pièce de monnaie sur les lèvres de la personne.

Les Hongrois et les Roumains enterraient les cadavres avec des faucilles disposées autour de leur cou, dans le cas où le cadavre sortirait de la tombe : il s’auto-égorgerait. Certaines des personnes les plus zélées ont également posé une faucille au cœur – surtout pour quelqu’un qui n’a jamais été marié et risque donc de devenir un Strigoi ou un vampire. Les Finlandais, par exemple, ont attaché leurs mains et leurs pieds à des cadavres ou bloqué des enjeux dans les tombes pour épingler le corps au sol.

Parfois, la population essayait de combattre les vampires de manière vraiment enfantine. En Europe de l’Est, on pendait sur les fenêtres et les portes de l’argousier et de l’aubépine – ce dernier était considéré comme un arbuste dont été orné la couronne de Jésus, – le vampire se heurtera à ses épines et ne continuera pas. Les graines de millet, selon la légende, permettent également de détourner l’attention du vampire qui s’élève de la tombe, il se précipite pour les recueillir et par conséquence, en oublie alors sa victime.

En Serbie, les tombes des vampires étaient considérées comme des tombes destinées à l’oubli. Indépendamment de la méthode de détection, les moyens de tuer les vampires étaient très diversifiés et comprenaient non seulement le pieu, mais aussi la combustion des corps, la décapitation ou encore une combinaison de ces trois méthodes. En Europe de l’Est, dans le passé, la tombe d’un corps suspecté d’être un vampire était ouverte, remplie de paille, son cœur était transpercé d’un pieu souvent taillé dans un pièce de bois, puis, le feu était mis au cercueil. Les Bulgares et les Serbes plaçaient des branches d’aubépine près du nombril après avoir rasé entièrement le corps à l’exception de la tête. En outre, ils entaillaient la plante des pieds et clouaient le tout au sol. La croyance était si forte et si profondément enracinée dans les traditions qu’une loi rédigée en République Tchèque en 1706 sera publiée. Elle stipule que la combustion des cadavres est désormais autorisée dans le cas où un corps serais suspecté de vampirisme.

Connu pour son excentricité, l’explorateur anglais Montague Summers consacrera une grande partie de sa vie à l’étude des « facettes les plus sombres se trouvant au cœur de chaque civilisation », y compris le vampirisme.

Summers est né en 1880 à Clifton dans la banlieue de Bristol, dans le sud-ouest de l’Angleterre, au sein d’une dans une famille profondément religieuse. Etudiant au collège de Clifton, il vouera une véritable passion pour le mysticisme et portera ses recherches plus précisément sur le catholicisme bien que sa famille soit de religion protestante. Continuant ses études au collège théologique de Lichfield, il sera élevé au rang de diacre en 1908. Mais Son intérêt pour le vampirisme, ainsi que la lycanthropie et la sorcellerie, était tellement grand qu’il devra quitter l’église anglicane, auquel il appartenait, en tant que diacre, et deviendra adhérent de l’Église catholique romaine. Il avait besoin de la force miraculeuse des rituels catholiques pour exorciser les forces du diable. Étant une autorité dans la littérature, Summers gagnera le respect de ses collègues, en dépit de son comportement extravaguant et de son goût vestimentaire pour le moins … décalé : ses chaussures anciennes et ses galoches de couleur violette du 17ème siècle. Ses cheveux bouclés donnant l’impression d’une immense perruque. Sa canne d’ivoire avec une poignée d’argent, qui, sur une inspection plus approfondie, s’est révélée être une représentation de Zeus sous la forme d’un cygne séduisant la belle Leda.

Summers est encore de nos jours, toujours considéré comme le meilleur spécialiste sur ce sujet grâce à ces deux œuvres «  The Vampire : His Kith and Kin  » et « The Vampire in Europe ».

Ces deux ouvrages dont les écrits sont basés sur de longues études, porte notre attention sur le fait que toutes les histoires sur les vampires ne sont pas si traditionnelles. Dans les anecdotes qu’évoque brillamment Summer, certaines nous permettent de comprendre que les vampires ne sont pas seulement tout droit sortis de croyances Moyenâgeuses. L’auteur explique notamment comment une Jeune fille de 14 ans, originaire de France aimait boire du sang à partir de blessures fraîches. Autre exemple, celui du bandit et cannibale italien Gaetano Mammone (1756-1802), qui avait « l’habitude de coller ses lèvres aux blessures de ses malheureux captifs ». « Le vampirisme, dit Summers, apparaît clairement comme étant généralement une profanation des cadavres, et il n’y a pas de crime plus terrible et répugnant. »

Après avoir quitté Bitton, Summers passera le plus clair de son temps à étudier les côtés les plus sombres de l’être humain, en particulier le vampirisme. Redevenu Révérend, il conservera une petite chapelle privée dans une arrière-cour de sa maison.  Auteur de la « Sorcellerie et démonologie » il est assez surprenant d’apprendre que serviteur de Dieu croyait fermement au Diable en tant que maître suprême de tout mal, en la sorcellerie, et qu’il avait même conservé tous les préjugés médiévaux. Summers publiera notamment de nombreux travaux sur la sorcellerie, dont deux qui seront confisqués par la police. L’auteur sera même accusé de comportement indécent. En 1934, ses ouvrages seront interdits à la vente.

Bien que le ton des livres de Summers soit toujours dans une logique posée et réfléchie, il sera tout au long de sa vie la victime de rumeurs de la part de ses détracteurs, notamment celle d’avoir participé à la messe noire en 1913. Officiellement ; il passera beaucoup de temps en France et en Italie « pour raisons de santé », mais officieusement il semblerait qu’il se soit engagé pleinement dans des rituels occultes. Jusqu’à sa mort en 1948, toute la vie de Montague Summers sera un mélange étonnant d’une foi brûlante envers l’Église catholique et sa passion souvent poussée à l’extrême pour le culte des forces du diable.

« Je ne m’attendais pas à ce que je devienne une star, ou un épouvantail aux yeux du monde ! », explique Kane Presley, née en 1975, dont l’expérience de vampire a déjà duré près de 30 ans. « Tout le monde s’intéresse à la même chose : est-ce que je dors dans un cercueil, ai-je des crocs ? », dit-elle non sans une pointe d’ironie. Et bien qu’elle n’ait pas de crocs et qu’elle ne dorme effectivement pas dans un cercueil, beaucoup croient que son apparence a quelque chose de « vampirique » – par exemple, son visage mince et pâle dont la blancheur est accentuée par la présence de longs cheveux noirs. Son image de vampire est complétée par des vêtements noirs et un rouge à lèvres de couleur rouge sang.

Selon Presley, elle a besoin d’un ou deux verres de sang tous les jours, comme nous avons besoin de l’air que nous respirons. Elle satisfait son besoin de la manière suivante : elle offre son corps aux hommes en échange de leur sang, ou fait appel à un exploitant local qui lui fournit quotidiennement du sang de vache. Pendant des années, Presley était embarrassée par son mode de vie et n’en parlait jamais autrement qu’en présence de ces amis les plus proches. Mais le secret ne tardera pas à être dévoilé, et c’est justement l’un de ces amis, ne sachant tenir plus longtemps sa langue qui l’évoquera le premier. Son entourage, n’étant pas tous au courant de ce mode de vie … peu courant, se détournera en partie de celle-ci.

Malgré l’excitation notamment médiatique commençant à graviter autour de l’intéressée, Presley, n’a contre toute attente, pas un seul instant vécu cela comme une pression, au contraire elle prendra même le temps d’expliquer clairement les choses au public : « Je veux expliquer aux gens que nous ne sommes pas des meurtriers, mais que simplement nous avons soif de sang« , dit-elle. Selon elle, pendant le « repas », elle coupe légèrement la main du donateur non loin d’une veine et lui suce le sang soigneusement pour ne pas arrêter l’afflux sanguin. « C’est beaucoup plus agréable que le sexe et beaucoup plus intime. Et pas seulement pour moi. Les gens qui donnent leur sang sont fortement attachés à moi « explique Mme Presley. Parmi les lettres que reçoit « le vampire », il existe des propositions de donateurs volontaires. Cependant, une partie très importante du courrier proviennent de personnes mal intentionnées. Ainsi, par exemple, une personne de l’Ohio a promis de venir et de lui « régler son compte comme on le fait généralement pour les vampires » Elle répondra humblement : « Essayez ! »

Encore aujourd’hui l’intérêt des journalistes pour Mme Presley est alimenté par le fait que, selon ces propres écrits, il y aurait environ 8 000 vampires en Amérique de nos jours.

Si Presley n’agit qu’entre adultes consentants et volontaires et ne présente absolument pas les caractéristiques d’une meurtrière (il est important de le remarquer à nouveau)

… Le FBI a en revanche déclaré Paul Merriot, comme étant l’un des criminels les plus dangereux d’Amérique. Il a commis 38 attaques contre de jeunes filles et leur à sucer le sang. « Je comprends que cette scène digne d’un film d’horreur soir assez abstraite et irréel pour le public » déclare John Stoecken, agent du FBI. « Mais, malheureusement, le danger qu’il représente lui l’est (réel). Merriot est un prédateur féroce, que rien ne peut arrêter dans sa soif indomptable de sang. Lors de l’enquête, il a été déterminé que les victimes de ses attaques sont des habitants de 11 états différents. Mais aucun d’entre nous n’a encore d’informations sur la localisation du monstre. » Selon les spécialistes, Merriot souffre d’une maladie génétique rare qui cause la soif de sang humain qui, selon les définitions médicales, en fait un vampire. Le FBI a réussi à savoir que le criminel avait déclaré à ses victimes qu’il était originaire de Géorgie et qu’il dormait dans des cercueils. Il a commis le premier crime à New York en janvier 1994. Depuis, il a voyagé dans tout le pays, de temps en temps attaquant les jeunes filles. Dans les années 90, il sera finalement arrêté pour de multiples infractions et trafic dans une petite ville de l’Alabama, mais s’évadera en quelques heures. Personne ne le reverra finalement plus.

Ni l’Église ni la Science ne pouvaient expliquer le phénomène, donc officiellement tous ont été considérés comme de vielles superstitions contemporaines des Slaves et des Grecs.

Du point de vue scientifique, un vampire n’est pas un homme mort (comme on l’a cru à l’époque des lumières), mais dans le coma, enterré par erreur. La deuxième idée fausse était le mythe selon lequel un vampire consommait le sang de ses victimes. En fait, comme on peut le constater dans les rapports de cette époque, des bleus spécifiques restent sur le corps de la victime, mais la peau n’a pas été endommagée. Le mythe du sang provient du fait que le vampire a été retrouvé dans un cercueil à moitié rempli de sang (avec des sécrétions blanchâtres extrêmement corrosives et toxiques). Cependant, c’est le sang du vampire lui-même, et non de ses victimes.

Mais la pensée la plus surprenante était que certains saints catholiques dont le corps ne présentait aucune trace de décomposition était une caractéristique typique des vampires.  Dans son ouvrage « The Incorruptibles » sorti en 1977, Joan Carroll Cruz décrit 102 cas de miraculeuse conservation. L’un des cas les plus impressionnants se rapporte au « corps parfaitement conservé » du libanais Saint Harbel McHuff Ce moine maronite « est mort » le 24 décembre 1898 à la suite d’une crise d’apoplexie. Au cours de sa vie, il a observé une discipline corporelle stricte : il portait une chemise de lin, dormait à même le sol, mangeait une fois par jour (comme ses autres compagnons). Selon les traditions de son monastère au Liban, Harbel a été enterré dans ses vêtements quotidiens, sans cercueil et, bien sûr, non embaumé.

Beaucoup reconnaissent qu’il aurait été oublié, (phénomène inhabituel) pendant 45 nuits après son enterrement (c’est généralement le moment où la décomposition complète du corps est observée), une lueur brillante a été observée autour de sa tombe. Les membres du monastère ont demandé la permission aux chefs de l’Ordre d’exhumer le corps. L’exhumation a été menée trois mois plus tard en présence d’une foule de résidents d’un village voisin.

Comme les pluies longues et fortes avaient inondés le cimetière la veille de l’exhumation, St. Harbel sera retrouvé flottant dans une tombe remplie d’eau boueuse. Après que le corps ai été lavé et habillé, on a remarqué ‘un liquide provenant des pores du corps. Il a été décrit comme un « mélange de sueur et de sang », présentant une odeur particulièrement forte de parfum floral.  Certainement la décomposition des acides aminés qui, est aussi un signe de la vie du corps). Beaucoup de croyants pensaient alors que c’était du sang. L’expiration de ce fluide s’est poursuivie et s’est intensifiée et, par conséquent, le change de sa chemise de lin sera renouvelé deux fois par semaine. Des parties de vêtements imprégnées de ce liquide, se répandirent jusqu’en 1927 comme de sages vestiges et été même considérées comme curatives auprès des fidèles. C’est finalement en juillet 1927 que le corps sera déposé dans un cercueil en bois doublé de zinc. Pour les 23 prochaines années, le corps reposera dans une crypte spécialement édifiée pour Saint Harbel, élevé sur des pierres afin de le protéger de l’humidité. Le miracle de saint Harbel a provoqué un culte massif, des ruisseaux de pèlerins ont commencé à se déplacer près du tombeau. Ce pèlerinage à grande échelle est d’ailleurs toujours d’actualité de nos jours. En février 1950, les pèlerins ont remarqué que le liquide dont été recouvert le corps commençait à traverser le mur de pierre. En raison de la crainte que des dommages à la tombe puissent se produire, il a été ouvert en avril 1950, et à nouveau il a été constaté que le corps ne présentait aucune rigidité cadavérique et avait conservé un parfait état de conservation. Il n’y avait absolument aucun signe de décomposition. Mais le cercueil de zinc et les vêtements de Harbel avait été consommés. A la suite de ces nouvelles constatations, le nombre de pèlerins a augmenté à 5 000 par jour. Son corps a été examiné chaque année, et chaque fois le corps baignait dans un mélange de sang et de liquide blanc de trois pouces (environ 100 litres). Depuis 1950, le corps de Saint Harbel n’est plus visible.

 L’abbé Augustin Calmet nous détaillera ce mystérieux phénomène dans son ouvrage publié en 1746 :  » Dissertations sur les apparitions des anges, des démons et des esprits, et sur les revenants et vampires de Hongrie, de Bohême, de Moravie et de Silésie » :

Calmet, qui a cherché à résoudre la question du vampirisme, réagira à la question de la réalité de ce phénomène. « Ceux qui croient en eux (les vampires), m’accuseront de conclusions précipitées et farfelues, en ce que j’ai exprimé des doutes ou je me moque du simple fait de l’existence de vampires ; d’autres diront que je perds du temps pour des broutilles n’en valant pas la peine », a-t-il écrit. « Mais peu importe ce qu’ils pensent, je traiterai toujours de ce sujet, ce qui me paraît très important d’un point de vue religieux ».

Calmet a essayé d’expliquer, comment, par exemple, le corps peut-il être dans le cercueil être recouvert, de terre dont l’épaisseur peut dans certains cas avoisiner les deux mètres ? La présence d’une âme dans chaque être est-elle avérée ? Qu’est-ce qui donne aux cadavres une force aussi diabolique ? Enfin comment de tels cadavres datant parfois de plusieurs siècles peuvent-ils présenter un si extraordinaire état de conservation ?

Ils apparaissent à n’importe quel moment de la journée et viennent boire le sang des êtres vivants et des animaux en une si grande quantité que parfois ce même sang se ressort par leur propre bouche, leur nez et, le plus souvent, leurs oreilles[2], et le cadavre baigne ainsi dans un cercueil rempli de sang. Sortant de sa tombe c’est la nuit, qu’il viendra emporter vos proches ou vos amis afin de boire leur sang jusqu’à affaiblissement complet de la victime qui, trouvera finalement la mort. Ces persécutions ne cessent pas avec la mort d’un des membres de la famille ; ils ne peuvent être arrêtés qu’en ayant la tête tranchée ou le cœur ouvert en deux. L’énorme quantité de sang sortant de leur corps, est mélangé avec de la farine à pain ; et, d’après la coutume, ce pain est mangé pour se prémunir contre la persécution de l’esprit.

Calmet narre ainsi l’histoire d’un soldat Hongrois :

« Il y’a environ quinze ans qu’un soldat étant en garnison, chez un paysan Haïdamaque, frontière de Hongrie, vit entrer dans la maison, comme il était à table près du maître de la maison son hôte un inconnu qui se mis aussi à table avec eux. Le maître du logis en fut étrangement effrayé, de même que le reste de la compagnie. Le soldat ne savait qu’en juger, ignorant de quoi il était question. Mais le Maître de la maison étant dès le lendemain, le soldat s’informa de ce que c’était. On lui dit que c’était le père de son hôte, mort et enterré depuis plus de dix ans, qui s’était ainsi venu s’asseoir auprès de lui, et lui avait annoncé et causé la mort. » Le régiment du soldat fut prévenu et une commission désignée afin de procéder à l’examen du corps.  Elle examinera également les restes d’autres vampires, y compris un homme enterré il y a plus de 30 ans. Il a été déterminé que les trois corps ont tous été soumis au même rituel. En recueillant toutes les informations reçues, Calmet conclura : « Les circonstances mentionnées dans le rapport sont si uniques et tant documentées, qu’il est impossible de ne pas croire tout cela ».  Il montrera néanmoins un certain scepticisme, suggérant que l’inhumation précipitée d’une personne en état de coma, de transe ou de paralysie peut aussi causer des conséquences aussi surprenantes. Il condamnera également la pratique consistant à tuer et à brûler de tels corps, en se demandant comment les autorités pouvaient autoriser de telles pratiques.

Mais qu’en est-il réellement concernant ce phénomène étrange entourant le corps de Saint Harbel ?

Calmet, 200 ans avant l’exhumation d’Harbel explique ceci :

« Le vampire a été enterré il y a environ trois ans ; Au-dessus de sa tombe se trouvait une lueur semblable à celle d’une lampe, mais moins brillante »

En 1750, le corps d’un homme sera exhumé. En parfait état de conservation, il présente une légère rigidité cadavérique mais aucun signe apparent de décomposition. Les cheveux, les ongles, les dents et les yeux (ceux-ci étaient à moitié fermés) sont intacts. Un pieu de métal lui transpercé le cœur et l’on pouvait apercevoir un liquide blanchâtre couler de celui-ci.  Le sang était également présent en grande quantité. Une forte odeur en émanait. La tête fut tranchée avec une hache semblable à ceux utilisés pour les exécutions en Angleterre. Ce même liquide coula immédiatement du corps, mais plus abondamment que pour le cœur. Ces analyses terminées, le corps fut déposé à nouveau dans la tombe et recouvert de chaux. Le vampirisme, bien sûr, est peut-être, généralement le phénomène le plus mystérieux de tous les phénomènes. Mais, curieusement, c’est le phénomène « anormal » le plus documenté.[3] Des preuves oui mais bien inexplicables. Ce phénomène est décrit en Europe depuis plus de 900 ans.[4]

Cependant encore aujourd’hui, non seulement les scientifiques, mais aussi de nombreux chercheurs, considèrent qu’il est bien « trop fantastique » en raison de son caractère étrange et incompréhensible. Ne sommes-nous pas en présence d’un phénomène pour le moins paradoxal ?

 

En résumé :

Le vampire apparaît toujours après le coucher du soleil ou avant le lever du soleil.

À de rares exceptions près, il apparaît toujours sur des zones très peuplées. Et gravite particulièrement autour des habitations ou les veuves résident. (Nombreux témoins oculaires)

Les vampires présentent tous, selon les témoins, les mêmes caractéristiques physiques typiques. Il procède toujours de la même manière avant d’ôter la vie aux victimes.

Les témoignages confirmant ce phénomène étaient très fréquents jusqu’aux années 1960 et se font très rare de nos jours.

 

Mythologie

Pour la plupart d’entre nous, la connaissance des vampires est limitée au caractère culte des livres et des films comme le célèbre : Dracula. Il convient de noter que Dracula n’est pas du tout un personnage de la mythologie roumaine, mais seulement un personnage de fiction de l’écrivain Bram Stoker, qui ébauchera quelques feuillets de son roman sur la vie du prince de Valachie Vlad III, notamment en reprenant comme lieu d’action la Transylvanie. Cependant les vrais vampires roumains, Strigoï et Moroï sont bien loin de la vision imaginaire que Stocker a décrite dans son œuvre.

Les « Strigoi » sont des vampires très répandus dans la mythologie Roumaine. Le Strigoi est également parfois assimilé aux sorcières, qui selon les légendes locales, deviendraient des vampires au cours de leur vie, ou même aux pendus dont le suicide ne serait qu’une manière d’atteindre l’immortalité en devenant vampire[5]. Il convient de noter ici que, dans de nombreuses cultures anciennes, la croyance des morts vivants a survécu, les morts ne le sont pas forcément et sont dans certains cas forcés de vivre leur vie sur Terre sous l’apparence de créatures fantastiques telles que : des sirènes, des fantômes, des vampires, ou encore les Strigoï. Ces derniers sont également très présents dans la mythologie moldave, sous l’appellation de strigi.

Dans certaines régions de Roumanie, les Strigoi sont désignés Moroï. Une femme vampire s’appelle strigoika. Les différences entre Strigoi et Moroï sont pratiquement inexistantes. En outre, selon les croyances populaires, ils présentent la particularité d’avoir deux cœurs. Strigoï et Moroï se comparent souvent avec les loups-garous. Selon les croyances, le Strigoi peut se présenter sous la forme d’un animal sauvage tel que le loup-garou, d’un être humain ou encore d’un vampire.

L’étymologie du mot « Strigoï » vient du mot roumain « striga ». L’étymologie du mot « Moroï » n’est pas entièrement comprise, mais certains chercheurs l’associent au mot « mor » (mora), qui est dans de nombreuses cultures signifie toujours quelque chose de négatif, mortel : mare (incubus, anglais), cauchemar (cauchemar), Anglais), morbus (maladie, lat.), Mors (mort, lat), mor (épidémie, maladie, rus.), Cauchemar, obscurité, brume, mort, Mara (déesse de la mort, slave). Selon toute vraisemblance, le nom original de ces créatures est « Moroï », car « Strigoï » vient du mot latin « strix », qui signifie chouette, qui selon les Romains, buvait le sang des enfants.

L’image du Strigoi est très similaire aux images de vampires du reste de l’Europe. Les Strigoi sont toujours des êtres possédés par des forces du mal, qui, après la mort, sortent de leurs tombes, hantent les vivants et s’abreuve de leur sang. Le Strigoi, tout comme les vampires, ne se décompose pas dans la tombe. Pour tuer un Strigoï, il faut tout simplement (selon la légende, planter un pieu en bois directement dans son cœur, certain prétendront également qu’il faudra lui trancher également la tête afin de la placer par exemple entre les jambes, le visage toujours face cachée.) Une autre manière sûre est de brûler le défunt. Dans le cercueil de ces défunts, que l’on soupçonnait être des vampires, de l’ail (arme mythique s’il en est) ou encore des branches de roses, considérés comme fatals aux vampires étaient déposés. Une autre coutume intéressante est la faucille, placée directement au-dessus du cou du défunt. Ainsi, si la personne décédée s’avère être un Strigoi et tente de se lever, il se décapitera. Pour trouver la tombe de Strigoi au sein d’un cimetière, les anciennes coutumes Roumaines et Moldaves consistaient à forcer un cheval de robe unie noire ou blanche, conduit par une vierge à traverser celui-ci. Si le cheval commençait à résister, à se braquer, à se cambrer, ne voulant pas franchir une tombe, cela indiquait que sous la terre reposait un Strigoï.

En Slovaquie, en Pologne, en Slovénie, en Croatie et en Albanie, les Strigoï sont nommés Striga – une sorcière empoisonnant le lait des vaches, et buvant le sang des enfants endormis. En Ukraine occidentale et en Slovaquie, le vampire est représenté sous la forme d’un papillon de nuit. Le terme moderne « vampire » provient de l’ancien mot russe « ghoul », qui, signifiait simplement « l’esprit des ancêtres » et n’était en aucun cas associé au côté démoniaque. En finalité, ces croyances ne sont avant tout qu’une forme de diabolisation des esprits des ancêtres mais plus que ça c’est également une forme de refus de la mort, de dénie. Malgré tout il est néanmoins intéressant de constater que dans chaque légende, une part d’immortalité réside dans les esprits. Nous sommes fascinés par celle-ci et en même temps nous en avons peur. Ce n’est pas du vampire ou du Strigoï ou du loup-garou dont nous sommes effrayés[6] mais bel et bien de son immortalité et donc de la mort en elle-même.  La peur de l’inconnu et donc sa diabolisation.

L’Alchimie.

Autre fait intéressant : l’utilisation de l’alchimie. En effet les alchimistes étaient également considérés comme détenant un pouvoir sur l’au-delà. L’objectif des alchimistes dans toutes les cultures est la mise en œuvre de changements qualitatifs dans un objet animé ou inanimé, sa « dégénérescence » et la transition « vers un nouveau niveau ». A ce titre, l’alchimiste, s’engage dans la production de l’or, la préparation de poisons et potions, mais est également en quête permanente d’immortalité. Dans le cadre de l’alchimie interne, une personne ou ses composants matériels et non matériels (conscience, corps, esprit, âme, énergies individuelles, etc.) sont considérés comme des substances possédant certaines propriétés chimiques et physiques, avec lesquelles on peut effectuer des opérations décrites dans la composition du produit chimique en lui-même. Parallèlement à la métaphore principale – chimique, d’autres séries symboliques se développent souvent ; L’alchimie européenne est particulièrement riche à cet égard. Ainsi, par exemple, la pierre philosophale s’appelait « lion rouge », « grand élixir », « panacée », « élixir de vie ». Absolument toute les doctrines alchimiques se distinguent par leurs mystères et leurs secrets, qui ont souvent donné lieu à une réelle incompréhension. Cependant, les rites magiques, les actes rituels, les sorts ont été considérés comme un moyen d’influencer les forces naturelles et divines qui pourraient aider à la réalisation de la création mystique, c’est-à-dire la transformation d’une substance en une autre telle que la transmutation par exemple. À la suite de l’interaction des principes qualitatifs (principes) et des états des éléments primaires, toute transmutation de substances peut être effectuée. Dans toutes les traditions alchimiques, le mercure joue un rôle important, qui parfois même donne le nom à l’ensemble du système alchimique. Dans l’alchimie européenne, le mot « mercure » coïncide avec le nom du patron de l’alchimie – Mercury (dieu et planète) et son fondateur légendaire (Hermès Trismégistes). En outre, on utilise du soufre, 6 métaux traditionnels (plomb, fer, cuivre, étain, argent, or), des composés d’arsenic (principalement Orpiment et Réalgar), de l’antimoine, du salpêtre, des alcalis et d’autres composés inorganiques et des composés organiques. Dans l’alchimie chinoise, indienne et tibétaine, on trouve aussi des pierres précieuses et des herbes. Dans tous les systèmes alchimiques, ces principes sont essentiels :  Le nettoyage et la concentration des substances impliquées dans le travail par la calcination, la fusion, l’amalgamation, la distillation ; Le mariage sacré, la coïncidence des principes masculins et féminins, l’union des contraires. Ce dernier dans l’alchimie européenne a la forme d’un « mariage chimique », d’un « mariage royal », d’un frère et d’une sœur, du Soleil et de la Lune, de l’homme et de la femme etc., dans l’Indouisme : l’union de Shiva et Shakti, en Chine :  la connexion du dragon. Enfin, pour les traditions alchimiques alexandriennes, arabes et européennes, l’idée de la mort (habituellement sous forme de meurtre) et de la résurrection joue un rôle extrêmement important.

Vampirisme, Porphyrie, ou syndrome de Renfield :

La légende de Dracula en tant que Vampire, bien sûr, a été créée par Bram Stoker, en écrivant son roman, devenu tellement populaire. Le nom du comte légendaire et de l’ancien prince Valachien ne coïncide certainement pas par hasard. Les journaux de Bram Stoker mentionnent le livre de William Wilkinson, un diplomate britannique d’Europe de l’Est, dans lequel il peut trouver une référence à Vlad Dracula. De plus, Stocker pouvait se renseigner sur les légendes roumaines, auprès de son ami, le professeur hongrois Armin Vambery. Cette conjecture est confirmée par le fait que, dans le roman, le docteur Abraham Van Helsing explique que la source de son information sur le comte de Dracula est le professeur Arminius. Dans le roman, il y a aussi des parallèles avec la biographie réelle de Vlad : sa participation à la guerre contre les Turcs est en autre soulignée. Dans son livre, Stocker combinera la véritable histoire de Vlad avec celle glanée des romans gothiques de l’époque et peut-être même des contes de fées d’Europe de l’Est où des vampires, des loups-garous, des fantômes et de tels esprits maléfiques sont présents en abondance. La plupart des histoires, qui représentent de façon haute en couleur les atrocités de Vlad III, sont basées sur plusieurs documents écrits par un certain auteur allemand juste après l’arrestation de Dracula par le roi hongrois Matthias. Dans le même temps, plusieurs brochures et gravures sur le même sujet ont été publiées, devenues les « bestseller » et répandues dans toute l’Europe occidentale. Très probablement, il s’agit d’un exemple d’un « ordre politique » de l’époque. Le roi Mathias avait tout intérêt à dénigrer le nom de Vlad, afin de justifier la décision de l’emprisonnement. Mais, les accusations (fausses) contre Dracula n’étaient pas très convaincantes : il a été accusé notamment de pacte avec l’Empire ottoman, bien qu’il soit largement connu comme un adversaire féroce des Turcs. Au fil du temps, les histoires relatant sa cruauté sont devenues plus colorées, agrémentées de détails, se confondant ainsi aisément avec le folklore Roumain.

La porphyrie était une pathologie très commune dans les petits villages de Roumanie au XVe siècle. Mais il y a des rumeurs selon lesquelles la maladie n’a pas contourné la famille royale. Par exemple, l’historien Andrew Wilson dans son livre « The Victorians » mentionne la porphyrie héréditaire qui a fait rage dans la famille royale britannique et prétend que c’est cette maladie qui touchera l’esprit du grand père de la Reine Victoria, George III. Cependant, avec l’accession au trône de Victoria, la famille royale se débarrassera de cette malédiction. [7]

En 1963, le docteur britannique Lee Illis présentera les résultats de son étude concernant une pathologie encore inconnue à cette époque : la porphyrie. Les symptômes de cette terrible maladie sont très semblables aux caractéristiques générales du vampirisme. Le corps ne produit pas de globules rouges, ce qui entraîne un manque d’oxygène dans le sang. En présence d’ultraviolet, une décomposition de l’hémoglobine débute. En termes simples, les patients atteints de porphyrie ne peuvent pas être au soleil, il leur provoque brûlures sévères, cloques, cicatrices et ulcères pouvant entrainer la mort du patient. En conséquence, ils sont forcés de se reposer pendant la journée, et de nuit, leur activité augmente. Dans les étapes ultérieures, le cartilage et les tendons sont affectés, une déformation du nez et des oreilles peut se produire. La peau autour de la bouche s’assèche, exposant les gencives et les dents.

En outre, les patients souffrent également de troubles neuropsychiques provoquant des comportements agressifs. Cette pathologie génétique rare affecte 1 personne sur deux cent mille. Et le facteur d’hérédité est le plus important, car si l’un des parents est malade, alors, dans 25% des cas, le gène défectueux sera transmis à l’enfant. Il y a lieu de croire que la porphyrie peut aussi être une conséquence de l’inceste.

Cependant le plus souvent, l’épidémie est provoquée par :

-le stress

-La prise de certains médicaments (y compris le phénobarbital, les tétracyclines, les médicaments contenant du bismuth, les contraceptifs oraux, etc.)

-Un contact prolongée d’avec des pesticides (par exemple, avec certains engrais agricoles)

-Un changement dans le profil hormonal de la femme associé à l’apparition des menstruations ou d’une grossesse.

-Les maladies infectieuses (notamment l’hépatite C virale à un stade avancé)

-La consommation d’alcool en grande quantité (80% des patients atteints de porphyrie présente une dépendance à l’alcool).

Les personnes souffrant de porphyrie présentent des douleurs paroxystiques aiguës (douleur anormalement intense) dans l’abdomen, qui n’ont pas de localisation claire, ainsi que des nausées, des vomissements et de la constipation. Le mythe de l’aversion des vampires pour l’ail n’était pas totalement dénué de sens. En effet, les patients souffrant de porphyrie ne tolèrent pas vraiment ce légume épicé. L’acide sulfonique, sécrété par l’ail, renforce les dégâts causés par la maladie sur le corps. La porphyrie aiguë se termine dans 60% des cas de manière tragique.

L’histoire du vampirisme clinique a été décrite pour la première fois en 1992 par Richard Noll. A la fin du XXe siècle, plusieurs psychiatres ont décrit à plusieurs reprises le vampirisme clinique, et Noll a suggéré de le renommer « syndrome de Renfield » en l’honneur du personnage emblématique du roman « Dracula » de Bram Stoker. La Progression du syndrome de Renfield Noll se caractérise comme suit : Cela se produit généralement dans l’enfance, lorsque pendant le saignement d’une plaie, le patient ressentira le goût du sang et le trouvera « excitant ». En atteignant la puberté, cette excitation associée au sang provoquera une excitation sexuelle.

Le syndrome de Renfield se développe de manière typique dans de nombreux cas :
En général, l’auto-amplification se développe d’abord, généralement dans l’enfance, lorsque le patient, ayant goûté une première fois au sang s’auto mutilera afin de provoquer le saignement, le sang est également avalé, puis le patient découvre comment ouvrir les principaux vaisseaux sanguins (veines, artères) afin de recevoir plus directement et ainsi s’abreuver à un courant régulier de sang chaud. Dans ce cas, le sang peut être bu pendant le saignement, ou être stocké dans des pots ou d’autres récipients afin de la boire plus tard.

Les méthodes d’auto mutilation s’accompagnent souvent de masturbation.
La Zoophagie (littéralement manger des créatures, mais plus spécifiquement, boire du sang) peut se développer en dehors de pathologie d’’auto-vampirisme dans certains cas, mais généralement elle se développe en parallèle. Les personnes atteintes du syndrome de Renfield peuvent, indépendamment, attraper et consommer du sang des êtres vivants tels que les insectes, les chats, les chiens ou les oiseaux. L’activité sexuelle peut ou non accompagner ces actes. Le vampirisme dans sa véritable forme s’accompagne de consommation de sang humain.  Cela peut se faire en volant du sang dans les hôpitaux, les laboratoires, etc., ou en essayant de boire du sang directement à la « source » sur le corps des victimes. Habituellement, cela éveille une sorte d’activité sexuelle permanente, mais dans les cas de meurtre et autre crimes graves non mortels lié à la soif de sang, l’activité sexuelle et le vampirisme peuvent ne pas avoir de lien direct.

 

Le cas du Dr Heinrich Spatz

Au XIXe siècle, dans la ville bavaroise de Würzburg, peu de temps avant les guerres napoléoniennes, le Dr Heinrich Spatz, diplômé de l’Université de Prague entrera dans l’armée autrichienne en tant que médecin militaire. En 1818, il s’installe à Würzburg avec sa jeune épouse où il mènera une vie sociale active et deviendra rapidement l’un des médecins les plus populaire de la ville. Il était très engagé auprès de la population, travaillait dans un hôpital destiné à soigner les patients les plus pauvres, a écrit plusieurs ouvrages sur la chirurgie militaire et le traitement de certaines maladies infectieuses. Cependant, en 1831, Heinrich Spatz a soudainement vendu sa propriété et est parti pour la République tchèque sur invitation de l’Université de Prague. Un mois après son départ, deux jeunes médecins, anciens assistants du Dr. Spatz, ont fait appel à la police de Würzburg, et affirmerons dans leur déposition qu’ils étaient tous … des vampires ! Cela aurait pu être considéré comme une plaisanterie stupide, si les jeunes gens n’avaient pas souligné la disparition d’un certain Joachim Faber…

Soldat à la retraite, Faber était brancardier dans un hôpital pour les pauvres, où le docteur Spatz a travaillé. Il disparaitra un an avant les événements décrits. La police fouillera l’ancien manoir du médecin et découvrira au sous-sol des restes d’au moins 18 personnes ! Au même endroit, un squelette sans main présentant des traces d’amputation chirurgicale sera découvert. Une analyse permettra d’identifier ses restes comme ceux de Joachim Faber.

Ensuite, beaucoup se sont souvenus que le Dr Spatz s’engageait souvent à prendre en charge le destin de ses propres malades, habituellement des mendiants qu’ils invitaient régulièrement afin de partager un repas chaud. Ils se sont également souvenus d’autres scrupules de la vie du médecin : malgré le fait que le manoir de Spatz était très grand, aucuns domestiques ne restaient jamais dormir la nuit …  Les autorités ont envoyé une demande à Prague au sujet du Dr Spatz et ont reçu la réponse suivante : à l’Université de Prague, il n’y avait personne connue sous ce nom et personne ne lui a jamais envoyé aucune invitation. Par ailleurs, il s’est avéré que l’armée autrichienne n’avait jamais eu recours à un chirurgien nommé Heinrich Spatz. L’enquête était dans une impasse.

Six mois plus tard, le premier assistant du Dr Spatz se suicidera. Peu de temps avant sa mort, il avait abandonné sa femme et son fils, louant un petit appartement dans une banlieue pauvre de Nuremberg, et coupera tous liens d’avec ses proches et amis. Il commença à avoir peur de la lumière du soleil, et passait des journées entières dans une pièce aux volets clos. Il devenait pâle, terriblement mince et ne nourrissait de sang de porc qu’il achetait chez un boucher de quartier. En raison d’un tel régime, il a commencé à souffrir de douleurs terribles à l’estomac, mais refusera fermement tout traitement et changement de régime alimentaire. Ce n’est que quelques semaines plus tard qu’il sera retrouvé pendu. Le second assistant ne survivra que six mois au premier : IL assassinera son petit neveu et essayera de boire son sang. La baby-sitter prise de panique le battra à mort. Fait étrange : Le père de l’enfant lui versera d’ailleurs une très grosse somme d’argent afin de la faire taire.

Les scientifiques ont longtemps discuté de la personnalité d’Henry Spatz. Certains l’ont considéré comme un vampire, d’autres, comme un membre d’une secte satanique qui pratiquait des sacrifices humains, ou encore comme un anatomiste pratiquant illégalement : rappelons que la dissection des cadavres était considérée comme un crime grave à l’époque.

Depuis toujours, un grand nombre de crimes est associés au vampirisme. Les psychologues y voient un trouble, appelé en l’honneur de l’assistant de Stoker : le syndrome de Dracula ou syndrome de Renfield, ou encore vampirisme clinique.

En conclusion :

Noll enregistre des histoires de vampires dont les caractéristiques diffèrent non pas d’un point de vue démonologique mais psychiatrique. La contrainte de boire du sang a presque toujours une forte composante sexuelle, qui est associée à ce désir. Le sang a parfois une signification presque mystique en tant que symbole sexué de la vie ou du pouvoir, et en tant que tel, cette expérience est décrite par les personnes elles-mêmes souffrant du syndrome de Renfield.

Le syndrome de Renfield est généralement retrouvé chez des sujets masculins.

La principale caractéristique de la définition du syndrome de Renfield est celle de la contrainte de boire du sang. D’autres actions connexes telles que la nécrophilie et la nécrophagie, qui ne visent pas à boire du sang, devraient également être considérées comme des aspects de ce trouble mental. Au final la vampirologie moderne commencera après la publication de « Dracula » en 1897 et persistera pendant plus d’un siècle.

Ce que l’auteur a décrit n’est que le fruit de son imagination.
En réalité, il était possible d’aller en Europe de l’Est seulement par les Carpates. Les Carpates, à leur tour, représentaient une multitude de gorges qui jouaient le rôle de bastions naturelles inexpugnables. À cette époque, la principauté de Vlad était l’une des plus puissantes et prospères. Lorsque les Turcs ont décidé de faire une marche en Europe, ils ont compris ce qu’était le guerrier et ont proposé à Vlad de leur manquer. En retour, promettant de ne pas toucher sa terre. En tant que catholique, Vlad Tepes a fait appel au pape, promettant que les Turcs ne le manqueraient pas et le pape l’a béni pour la protection et a promis qu’il l’aiderait à envoyer ses troupes.

L’histoire du comte « Dracula » est un mythe pour dénigrer non seulement une personne, mais une nation entière, morte pour l’amour de l’église.

L’histoire de Vlad Tepes reste encore de nos jours la plus controversée de l’Histoire roumaine. Il existe tellement d’hypothèses et de mythes que presque aucune déclaration à propos de lui ne peut se passer du terme « selon la légende », « il est considéré » ou « vraisemblablement ». De plus, d’énormes couches de fiction, notamment artistiques, ont été superposées à la vérité historique. Historiquement parlant, afin d’être au plus près de la vérité, il faut réellement se plonger au cœur même de l’Histoire Roumaine. Et même en approfondissant les recherches, « l’histoire vraie de Dracula » est un concept presque inaccessible.

Quand la couronne du jeune Vlad fut posée sur sa tête, il s’écria : « Mort aux Turcs ! »

 

Sur la « cruauté légendaire » de Vlad il convient de préciser qu’il est extrêmement compliqué de se positionner tant les sources sont contradictoires. Le règne de Vlad était à peu près la période la plus tragique pour les États balkaniques. Quand, en 1453, Constantinople tomba, l’expansion sanglante des Turcs vers les Balkans commença. Pour assurer la fidélité des monarques d’Europe de l’Est, les Turcs capturer leurs enfants et les maintenait en otage. Et bien que le terme de captivité ne puisse pas être utilisé dans ce cas [les princes jouissent d’une liberté totale, vivent dans le même luxe que les fils du sultan] en cas de soulèvement dans leur pays d’origine pour les princes se présentait alors deux solutions : être martyrisé, ou de mener un détachement punitif des janissaires, afin de réduire la population en esclavage. De 7 à 15 ans, Vlad (avant le meurtre de son père) était à la cour du sultan ottoman en otage. À cette époque en Turquie, l’empalement était le principal type d’exécution, Vlad vivra les tourments des condamnés presque tous les jours. Cependant, pour l’Europe, l’empalement n’était en aucun cas une « exécution inhumaine », car il est peu probable que, dans l’Europe médiévale, la roue et la mise au bûcher d’une personne vivante soient moins violents que les modes d’exécutions de Vlad.

Il faut aussi dire à propos de la profonde religiosité de Vlad. Trois fois en Turquie, sous la menace de la mort, Vlad sera forcé de se convertir à l’islam, mais ne pouvait se résoudre à renoncer à l’orthodoxie. Finalement, les Turcs ont offert à Vlad de devenir un général janissaire, mais il refusera, et retournera dans sa patrie afin de venger la mort de son père.

C’était un artiste dans la terreur, un poète de l’intimidation. Pour lui, le principal n’était pas l’exécution en elle-même, mais le sentiment terrifiant qu’elle produirait aux yeux de son peuple certes mais essentiellement auprès des dirigeants avec lesquels ils étaient en guerre. Regardez comment, tout au long de son règne il maintiendra une politique de terreur auprès de ses boyards sans verser une seule goutte de sang. Et pourtant encore aujourd’hui l’Histoire est toujours convaincue qu’il les a massacrés un par un ! A contrario, Etienne le Grand, quant à lui, était un peu moins cruel que l’époque. Il s’est révélé être un pionnier d’une politique humanisme. Tepes restera le gardien des traditions de la terreur. Vlad était un peu plus cruel que l’époque certes. Et même si beaucoup de ses actions relève plus du folklore que de la réalité, elles méritent d’être condamnées. Par ailleurs, le succès de bon nombre de ses opérations militaires, y compris la fameuse « attaque nocturne », s’explique aussi par le fait qu’avant l’attaque, Vlad lui-même avait effectué une reconnaissance, risquant sa vie. C’était un maître de guerre talentueux qui a habilement mis en place une guerre psychologique, qu’il a utilisé les mêmes moyens à des fins politiques. Etienne le grand, en évitant les extrêmes et en recourant rarement à l’intimidation, sera beaucoup plus efficace. Il est cependant intéressant de constater, que ce genre de légende commençait à entourer également la vie d’Etienne à la suite de plusieurs incursions en Transylvanie après la mort de Vlad. Mais sa souplesse, notamment dans la gestion du commerce, fera vite taire ses pamphlets. Apparemment, les commerçants sous le règne de Vlad, n’aimaient pas tant les représailles, mais aussi les restrictions commerciales. Le risque personnel était considéré comme un compagnon naturel de la profession du marchand, il justifiait des prix élevés et un énorme intérêt pour le prêt. Mais l’impossibilité de commercer avec un gros profit s’est révélée beaucoup plus pénible pour eux. C’est ce que Vlad n’a jamais compris ou plutôt à toujours ignoré.

Notes :

[1] Dans l’œuvre, Dracula, Stocker décrit cette situation : « Parmi la population de Transylvanie, on distingue clairement quatre nationalités: les Saxons au Sud et les Wallachiens mixtes (Roumains), descendants des Daciens; Les Magyars à l’ouest et les shekels à l’ouest et au nord. J’ai lu quelque part que les préjugés les plus profonds naissent dans les contreforts des Carpates, comme au centre d’un tourbillon imaginaire.

[2] Le corps gonflé dans le cercueil et les traces de sang dans la bouche et le nez sont aujourd’hui considérés comme les signes habituels de décomposition un mois après « la mort – c’est pendant cette période que la plupart des corps ont été exhumés pour les vampires.

[3] Peu de gens connaissent les mots de Jean-Jacques Rousseau : « S’il y a dans le monde une histoire attestée, c’est celle des vampires ; rien n’y manque ; procès-verbaux, certificats de notables, de chirurgiens, de curés, de magistrats ; la preuve juridique est des plus complètes ; avec cela, qui est-ce qui croit aux vampires ? » Jean-Jacques ROUSSEAU, Lett. à l’arch. de Par.

[4] L’épidémie de vampirisme typique en Angleterre dans les années 1190 est détaillée dans la chronique de l’Histoire de l’Angleterre de William de Newburg (HISTORIA RERUM ANGLICARUM), dans les chapitres 22, 23 et 24 du livre

[5] A travers ces dires, nous ne relatons que des légendes appartenant au folklore d’Europe de l’Est et du Nord, non des faits avérés réels, je ne suis en aucun responsable de l’interprétation de chacun.

[6] Selon National Geographic, en 2004 en Roumanie, un procès a été mené contre les proches du défunt Peter Tom, considéré comme un Strigoi. Sur l’assurance de ses proches après sa mort, le regretté Peter Tom leur apparut dans des rêves terribles, et beaucoup d’entre eux devinrent malades. Les parents exhumèrent alors le corps du défunt afin d’en extraire le cœur qui sera brûlé.  Les cendres seront mélangées à de la vodka, que les parents malades ont bu. Selon les proches, les patients se sont rétablis et les cauchemars ont alors cessés.

[7] Il est intéressant de noter que la Reine Victoria est le plus souvent associée à l’hémophilie et non à la porphyrie. Après quelques recherches, on se rend pourtant vite compte que l’hémophilie et la porphyrie sont étroitement liée.

 

 

 

Sources et Références bibliographiques :

 

Jacques Collin de Plancy, Le Dictionnaire infernal, Recherches et anecdotes (1818)

 

Bram Stoker, Dracula, (1897)

 

Nicolas Iorga Histoire des Roumains volume IV, les chevaliers. Bucarest (1937)

 

Adrien Créméné, Françoise Zemmal, La mythologie du vampire en Roumanie, Rocher, (1981)

 

Jay Robert Nash, The Great Pictorial History of World Crime, Scarecrow Press, (2004)

 René Bustan, Les relations roumano-hongroises dans la perspective de la construction européenne, Editions Publibook, (2007)

Nickolas Johann Raderick, Vlad from Dracula’s Castle, AuthorHouse, (2009)

 

Arie Kaplan, Dracula : The Life of Vlad the Impaler, The Rosen Publishing Group, (2011)

 

Згурская М. П., 50 знаменитых загадок Средневековья, Directmedia, (2014)

 

Jeremy Feldman, Vlad Tepes, l’Impalatore : La vera storia del Conte Dracula, LA CASE Books, 1 janv. 2015

 

Александр Андреев, Максим Андреев, Хочу Румынию! Подлинная история Влада Цепеша Дракулы (La véritable Histoire de Vlad Tepes) Litres, (2017)