BERNHARDT

(Sarah née Rosine Bernhardt)

Paris, 22 octobre 1844 – Paris, 26 mars 1923

 

Pathologie : Tuberculose osseuse du genou :

 Maladie causée par la propagation du bacille de Koch dans les cavités osseuses, entraînant une inflammation importante de la partie touchée et une perte localisée de la masse osseuse.

C’est le résultat d’années de souffrances devenues insupportables qui, le 22 février 1915 poussa la grande Sarah Bernhardt sur l’une des tables opératoires disposées à la hâte dans ces hôpitaux de fortunes aux côtés des nombreux soldats mutilés de la Première Guerre Mondiale.

En Octobre 1905, lors de la dernière représentation de « Tosca » en tournée à Rio de Janeiro, Sarah Bernhardt fait éclater une nouvelle fois tout son talent de grande tragédienne.

Son jeu réputé pour être très vivant est, comme à son habitude particulièrement dynamique ce soir-là. Comme à chaque représentation la Divine sautera du haut du parapet de la tour du château Saint – Ange mais ce soir-là les décorateurs oublieront de mettre les matelas permettant habituellement d’atténuer l’impact au sol. A 60 ans c’est le coup de grâce, Sarah tombe directement sur le plancher de la scène. L’inflammation est telle que certaines performances dont celle de New York sont annulées.

Mais ce n’est que bien plus tard qu’une tuberculose osseuse fera son apparition. Pendant dix ans, elle combattra courageusement cette terrible douleur au genou enchaînant les diagnostics faussés et les remèdes inefficaces, à l’époque il n’y avait pas de solutions médicamenteuses pour soigner la tuberculose osseuse. C’est finalement en 1915, épuisée, qu’elle suppliera, au « Dr Dieu », comme elle l’appelait, le médecin Pozzi, une amputation afin de la libérer de ce poids trop longtemps porté :

« Je vous supplie de me couper la jambe, un peu au-dessus du genou… Elle a été plâtrée il y a six mois et j’en souffre de plus en plus …Docteur Dieu, ne vous récriez pas. J’ai encore dix ou quinze ans à vivre. Pourquoi me condamner à souffrir et à être inactive ?  … Si vous refusez, je me flanque une balle dans le genou, et il faudra bien alors m’amputer…  Je me bats l’œil de ma jambe : qu’elle court où elle voudra ! Je veux vivre le temps qui me reste ou mourir tout de suite. Je ferais une tournée de conférences, je donnerai des leçons et serai gaie. On coupe des jambes agiles à des gosses de vingt ans, et vous me refuseriez cela à moi ?  … Ne m’abandonnez pas dans cette douloureuse et dernière étape. »
Lettre de Sarah Bernhardt à son ami chirurgien Samuel Pozzi qu’elle nomme affectueusement « Dieu »

Pozzi accepta la demande de Sarah Bernhardt mais, craignant la mort de la « divine » sous son scalpel, il supervisera seulement l’opération et déléguera cette lourde charge à son ancien élève de Bordeaux. L’amputation réussie, Sarah récupéra rapidement, mais aucune prothèse proposée ne la convainquit. « Être sur scène avec une jambe de bois vous n’y pensez pas », se plaisait à répondre Sarah Bernhardt à son chirurgien. Malgré cette légende tenace ; point de jambe de bois pour la grande Sarah ! Et c’est bel et bien dans une chaise de luxe laquée blanc de style Louis XV dont les pieds sont amovibles qu’elle fera dès à présent toute ses apparitions à la scène comme à la ville et ce jusqu’à sa mort survenue le 23 mars 1923 en présence de son fils Maurice.

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Sarah Bernhardt, quelques mois après l’amputation de sa jambe droite.  Visite aux armées.
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Sara Bernardt Visite aux armées.

 

 

Bacille de Koch, Type : Bactérie.

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Bactérie qui, généralement se loge dans les poumons humains et se transmet à travers les gouttelettes en suspension lors d’éternuement, on parle alors de tuberculose pulmonaire, les symptômes sont entre autres,  toux, fièvre, sueur, douleur mais cette bactérie peut également se propager en dehors des poumons, on parlera de tuberculose extra – pulmonaire, dans ces cas-là le bacille de Koch va se propager dans les reins, le cerveau, ou dans les os, dans ce cas, sans traitement médicamenteux, le membre de l’os infecté par la bactérie peut se gangrener.

 

Sources Photographiques :

Couverture : Sarah Bernhardt, 1902, Paris, Bnf

Article : « Images de la Guerre » mai 1916

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Sources Bibliographiques :

 

Sarah Bernhardt: biographie, Henri Gidel, Flammarion, 2006

Sarah Bernhardt, BnF collection e-books, 5 août 2016

 

Sarah Bernhardt, Sophie-Aude Picon, Éditions Gallimard 2017

 

 
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