Personnification du fétiche, divinités et phénomène de zombification par empoisonnement à l’ergot de seigle : héritage Antique au cœur du vaudou Africain et Caribéen. [ Article à paraître bientôt]

Si notre appréciation peu objective parfois du vaudou est purement influencée par la culture de masse américaine et notamment son inspiration cinématographique, si des raccourcis sont très régulièrement utilisée entre le terme « vaudou », celui de « zombie » et lié aux pratiques vaudou issues des racines Haïtiennes, son histoire nous provient en réalité des abîmes Antiques. Si ses premières mentions au cœur des terres haïtiennes actuelles sont datées de 1750, le vaudou trouve en réalité ses origines il y a 5 000 ans  sur les arides terres Africaines.  Origine considérée comme assez récente, si on la compare à l’Islam et au Shintoïsme. C’est d’ailleurs de ce pluriculturalisme ancestral que se noue ce lien entre ces forces fondamentales. La sorcellerie combinée à l’ensemble des croyances africaines modernes est la seule qui contient encore certains éléments des antiques croyances égyptiennes, particulièrement le culte d’Isis, populaire jusqu’au IVe siècle ap. J.-C., qui, dans certain culte est encore vénérée comme une idole. Bien sûr, il existe d’autres « religions magiques », mais le culte d’Isis, et le vaudou (plus précisément le vaudou Africain) sont incontestablement territorialement les plus proches. Peut-on alors considérer que ces éléments vaudouiques sont inhérents à la nature même d’une ancestrale religion égyptienne ? En outre, la découverte d’un fétiche à l’image du pharaon Amenhotep IV (Akhénaton) dans la tombe d’un de ses son haut fonctionnaire, pose depuis, la question de savoir si le vaudou est le fruit d’une continuité de rite trouvant ses racines au sein de l’Égypte Antique. Platon mentionne quant à lui que de telles poupées seront découvertes par hasard, murées dans les portes des habitations et au cœur des ensembles funéraires. Très souvent ces poupées sont retrouvées estropiées (bras, jambes, tête, sont amputés), lorsque le fétiche est principalement fait de cire comme il en fut parfois le cas lors d’ouverture de sarcophages Égyptiens, certaines parties du corps sont même retrouvées volontairement fondues…

Mots-clés : Vaudou, Voodoo, fétiche, Antiquité, Égypte Antique, Zombification, Afrique, Caraïbes, rituels, sorcellerie, empoisonnement

Aux origines du culte du crâne, étude Historique et Anthropologique.

Vers la découverte d’un premier culte de l’Homme,

Héritage et évolution

 

Depuis la sédentarisation de l’Homme, la mort est considérée comme l’un des événements les plus significatifs de la vie humaine. D’où l’émergence de nombreux rites élaborés sur le culte de la mort. Ce sont d’ailleurs [et nous aurons l’occasion de le constater à travers cet article] les sociétés primitives qui se caractérisent par la plus grande variété de rites funéraires. Les premières sépultures délibérément employées à des fins rituelles verront d’ailleurs le jour il y a environ 60 à 70 mille ans. La tombe (du grec tymbos grec) est littéralement le lieu où reposent les Hommes et où l’on peut rendre hommage à leur mémoire. En règle générale, les caractéristiques de la tombe reflètent le rôle du défunt dans la hiérarchie sociale. Du point de vue de l’anthropologie, l’existence d’un cimetière (du grec koimeterion signifiant littéralement « lieu de repos ») est le premier signe du développement d’un certain modernisme d’une civilisation. A contrario, dans les sociétés plus anciennes, il était de coutume d’organiser l’enterrement dans des zones spécialement désignées, prenant plutôt l’apparence de véritables villes des morts comme nous pouvons le remarquer à Athènes en Grèce au sein de la nécropole du Céramique ou encore au sein des nécropoles étrusques de Cerveteri et Tarquinia.

De ces rites funéraires découlera une seconde pratique tout aussi essentielle à une meilleure compréhension du culte de la mort : celui du culte des crânes.  Certains peuples, tels quel les Slaves ou les Scandinaves lui conférait des pouvoirs de guérison, de protection, de richesse, de fertilité ou à contrario de mort. En outre, ses fonctions de protection peuvent être réalisées par des « modèles », des copies le plus souvent taillées dans la pierre ou dans l’argile, moyen permettant de ne pas troubler le repos du défunt.  Sa possession, d’abord réservé aux prêtres païens, c’est avec l’avènement du christianisme que le crâne deviendra partie intégrante du symbolisme et de l’iconographie catholique, devenant notamment l’attribut de nombreux saints chrétiens tel que Marie-Madeleine ou encore François d’Assise[1]. Enfin le crâne blanc selon certaines croyances est également le signe d’une aura supérieure douée d’un puissant pouvoir résurrectionnel. Les crânes humains étaient ainsi conservés à des fins de sorcellerie notamment au sein des tribus primitives cannibales. L’exploitation de ces sources devrait permettre de répondre à une série d’interrogations inhérentes au sujet : Ainsi nous analyserons ce qui semble être le témoignage d’un culte étroitement lié depuis toujours aux énergies spirituelles…puis nous tenterons de répondre aux questions suivantes : Le respect des morts est-il nécessairement le reflet d’une société archaïque ?  Notre concept de modernité est-il encore compatible d’avec une sacralisation de nos ancêtres ? cet article tend ainsi à démontrer comment l’humanité au fil du temps à en partie désacraliser notre perception vie-mort et ce notamment en raison du rythme de vie à la cadence parfois peu gérable à laquelle nous sommes tous confronter donc de cause à effet à un individualisme sociologique nous poursuivant à présent même après notre mort…

Mots-clés : Culte du crâne, Néolithique, Sédentarisation, Rite funéraire, Amulettes crâniennes, Croyances, Religions, Christianisme

 Keywords : « Skull Cults », Néolithic, Ancient Civilizations, Archeology, Skulls, Cranial amulets, human cranium, faith, Christianity

 

Les origines

Les principaux éléments du complexe funéraire de l’ère paléolithique tardive ont déjà été posés au Paléolithique moyen. La continuité culturelle est également évidente. Les os sont souvent peints à l’ocre, les sépultures abondamment pourvues de matériel funéraire, près d’eux sont découverts le plus souvent les crânes et les os d’animaux tel que mammouths ou cerfs. Crâne, des dents et d’autres parties du squelette humain, sont tous soumis à un traitement pouvant indiquer leur utilisation potentielle au sein de rite magique. De nombreuses tribus primitives étaient d’ailleurs convaincus que le crâne était le siège de la force de vie (y compris après sa séparation du corps), C’est d’ailleurs cette croyance ancestrale qui marquera les prémices d’un culte du crâne. Des vues analogues étaient et la base de la coutume de préserver les têtes des parents décédés. Le plus grand hommage aux morts est de préserver une petite partie d’eux même, le plus souvent des crânes ou des os dans lesquels leurs âmes sont préservées. Ce culte si mal compris parfois peut être associé à des sacrifices humains. Lors de certaines fouilles archéologiques et notamment sur le site de Göbekli Tepe, des traces de dommages par l’homme causé par la manipulation du corps mort seront mis en évidence.

 

Nous ne pouvons déterminer de façon formelle si le rituel d’enterrement de Néandertal est lié à une composante religieuse. Disposant encore que de trop peu d’information nous ne pouvons que supposer les attitudes et les comportements datant du Paléolithique moyen et ce que nous évoquions l’homme de Néandertal, ou l’Homo sapiens. Un exemple est l’histoire de la « découverte » du culte de l’ours par l’Homme de Néandertal. Une preuve conjecturale de son existence sous la forme de crânes d’ours regroupés en un seul et même amas ont été trouvés au début du siècle dernier dans un certain nombre de grottes en Europe centrale. La grotte de Drachenloch en Suisse a joué un rôle particulièrement important dans la formation de cette hypothèse. Un culte similaire sera enregistré dans un certain nombre de grottes telle Wildenmannisloch en Suisse.  En théorie, bien sûr, il est possible que dans le Paléolithique moyen, en plus du culte de l’ours, il fut parfois pratiqué le culte de crâne humain, et qu’il fut même partie intégrante d’un rituel. Cependant, aucune découverte n’a encore permis de le prouver. Peut-être l’essentiel est-il que l’évidence la plus éloquente d’un « culte de la mort » a été découverte trop tôt, quand il n’y avait pas de méthodes adéquates pour les étudier. Ou que par coïncidence, ces témoignages sont tombés entre les mains de chercheurs insuffisamment qualifiés et ont été ruinés par eux. Ou peut-être la raison est simplement qu’il n’y avait vraiment aucune preuve. Ce qui suppose être un ordre symbolique de crânes et d’autres ossements, peut-il alors n’être le résultat que d’un processus naturel, biologique et géologique, la question de l’existence d’un culte de l’ours Neandertal reste encore ouverte pour le moment.

De façon très similaire, une seconde hypothèse verra le jour : l’existence du culte du crâne chez l’Homme néandertalien. Ici aussi, il y avait beaucoup de découvertes fascinantes mais trop peu de faits vérifiables, cependant la découverte à Steinheim en 1933 de crânes d’hominidés en partie endommagés dans la région foramen magnum du substrat, il n’en fallait pas plus pour que de nombreux chercheurs adopte avec enthousiasme ce qui paraissait être la preuve d’un culte du crâne voire d’un rituel anthropophage. Il a été supposé que le foramen occipital fût dilaté intentionnellement, afin d’accéder au contenu de la cavité cérébrale. Cette hypothèse de cannibalisme rituel suivi par un culte des crânes sera pourtant remise en cause atteint au milieu du siècle dernier, après l’apparition d’une série de publications d’Alexander Blanca sur les résultats dans la grotte Guattari en Italie. S’il y avait des doutes sur la pratique du cannibalisme, le culte des crânes en tant que tels étaient considéré comme un fait établi. Le fait que le crâne soit isolé du reste du corps représentent une preuve que le rituel funéraire est souvent réalisé en deux phases S’il en est ainsi, il s’avère que dans ce cas, le rituel funéraire était composé de deux étapes bien distinctes : l’enterrement puis la sortie de terre du crâne bien après la décomposition des tissus.  Le crâne était vraisemblablement considéré dans ce cas comme objet d’une importance essentiel au rituel.  L’étude du crâne lui-même, les ossements d’animaux qui l’entourent et la documentation disponible ont montré que l’interprétation reliant cette découverte à la pratique rituelle des Néandertaliens est extrêmement douteuse. En particulier, il a été découvert que les blessures sur le crâne n’étaient pas laissées par des outils en pierre, mais par des charognards et autres causes naturelles liées à la décomposition des corps. Il n’y avait qu’un tas de détritus ordinaire, ce qui n’est pas rare dans les grottes. De plus, on se rendra compte qu’à la suite des analyses, le crâne ne figurait plus du tout dans les publications des chercheurs. Il ne restait alors plus rien de la base de données que l’on considérait pourtant jusqu’alors si probantes.

Les différents rites d’inhumations analysés, indiquent directement que, au moins dans certains groupes néandertaliens, certaines manipulations avec les crânes du défunt ont été faites. Bien que le squelette trouvé dans cette sépulture soit très bien conservé (les os pelviens et thoraciques ne sont nulle part aussi bien représentés qu’ici, et le seul os hyoïde néanderthalien provient aussi d’ici), le crâne est absent. Cependant un certain nombre de détails indiquent que tout le crâne a lui aussi été enseveli sous terre : premièrement, la présence d’une dent de sagesse deuxièmement, il n’y a absolument aucune trace apparentes qui pourrait laisser présumer d’une séparation des vertèbres cervicales du crâne juste après la mort. Il semble que le défunt ait été sorti de terre bien après que les tissus mous, y compris le cartilage, se soient décomposés.  Si jusqu’à présent le culte des crânes concernait surtout le paléolithique moyen et si nous n’avions que très peu de détail archéologique et anthropologique quant à sa continuité dans le temps, en 2017 de nouvelles fouilles entreprises sur le célèbre site de Göbekli-Tepe permettra de faire le lien entre culte des crânes et Néolithique. Göbekli-Tepe, ainsi que plusieurs autres sites antiques d’Anatolie, comme Çatal Höyük et TepecikÇiftlik, sont aujourd’hui considérés comme l’une des traces les plus anciennes de l’existence des premiers rudiments de la civilisation, de la religion et de la culture sur Terre. L’une des découvertes les plus inhabituelles faites sur le territoire de ces colonies reste cependant celle de plusieurs crânes, pour la plupart visiblement peint avec des ocres et d’autres couleurs. Cette découverte conduira de nombreux historiens et archéologues à supposer que le peuple turc à l’âge de pierre vouait déjà un véritable culte des morts en conservant les crânes des ancêtres et peut être même des communautés ennemies.  Cette découverte fut immédiatement considérée comme la première preuve sans équivoque que les anciens peuples de Göbekli-Tepe, et peut-être d’autres colonies néolithiques en Turquie, vénéraient vraiment les crânes des défunts et les traitaient d’une manière spéciale et les décoraient après leur séparation du corps. À de telles conclusions s’ajoutent celle déterminées en étudiant les fragments de trois crânes, trouvés dans l’une des plus profondes couches géologiques à Göbekli-Tepe dans deux extrémités opposées du camp. Environ un dixième de ces fragments, comme l’a découvert l’équipe, porte des traces de coupures qui ne se produisent sur aucun autre crâne d’Anatolie, du Levant ou d’autres prétendants au rôle de « berceau de la civilisation ». Un scanner tridimensionnel sera utilisé afin de permettre une reconstitution en 3D de ces crânes, étudiés par un groupe de l’Institut archéologique allemand sous la direction de Julia Gresky, seront restaurés virtuellement à partir de sept fragments crâniens. Tous les fragments n’ont pas pu être retrouvés, mais les échantillons furent suffisants pour constater la nature non accidentelle mais bien volontaire des gravures sur crâne, toute réalisées post mortem. La plupart de ces motifs formaient un ensemble primitif de perforation crânienne, ainsi que de droites verticales marquant le front, les oreilles ainsi que l’arrière de la boite crânienne. Un petit nombre d’entre eux ont été combinés à des ornementations plus complexe, semblable à des représentations végétales. Toutes ces lignes, à en juger par la forme de leurs rainures, ont été appliquées à la surface du crâne au moyen de plusieurs coups successifs à l’aide d’outils en pierre. De plus, la forme de ces lignes indique qu’elles ont été dessinées pratiquement immédiatement après la mort et avant que les os ne perdent leur élasticité. Tout cela, couplé au fait que les crânes ont été nettoyés de leur chair avant cette procédure, permet d’en conclure à la nature rituelle indiquant clairement la présence en Turquie néolithique d’un culte du crâne. Cependant, certaines constatations ultérieures, notamment celle concernant un hypothétique culte du crâne datant du paléolithique font qu’il est nécessaire de s’abstenir d’émettre un verdict ferme et définitif (Ce genre de conclusion fermes et trop souvent tirées à la hâte sont généralement ingrates, surtout en anthropologie). En outre, ce cercle de pierre pourrait être symbolisé par le soleil. Le symbolisme solaire dans les croyances de l’homme de Neandertal n’est aucunement surprenant si nous rappelons la découverte de sépultures orientées-est-ouest. Enfin, notons que le soleil reste depuis toujours le symbole de la victoire sur la nuit et la mort. Dans le cas du site de Göbekli Tepe en Turquie nous remarquons deux cas typiques d’amulettes : régulières et irrégulières. Les régulières de nature très rares sont remarquables par leur polissage si caractéristique comme nous pouvons le constater sur la figure B, elles comprennent également une multitude de petits trous « constitués par les aréoles du tissu spongieux » les rondelles de ce type sont toutes soumises au même type de traitement : elles sont tous d’abord soigneusement nettoyées puis purifié de tout suc médullaire et des vaisseaux contenus dans le tissu osseux soit par lavage soit par macération. Dans le cas des trois autres amulettes il s’agit essentiellement d’amulettes irrégulières. Elles sont à leur tour caractérisées par leurs formes angulaires et leurs aspects les plus diverses et variés. Les amulettes de Göbekli Tepe sont pour la plupart des amulettes dite à « encoche », cette dernière, profonde, est creusée artificiellement afin de permettre la mise en place d’un cordon de suspension [2] (Fig.A,C,D). S’il est d’autant plus rare d’extraire des amulettes dont les bords sont non cicatrisés, il ne s’agit bien là que de décupler sa valeur marchande. En effet, l’amulette devait fournir la preuve qu’elle était bel et bien le résultat d’une trépanation. Cette preuve ne pouvant être formelle qu’en présence de fragments au bords falciformes et cicatrisés. [3] Les rondelles, qu’elles soient régulières ou non répondent aux mêmes usages. Contrairement aux idées reçues, les amulettes façonnées de manières à être porté autour du cou ou suspendues sont extrêmement rares. En effet, celle que l’on extrait de leurs tombeaux était plus vraisemblablement destinés à la poche ou au pli du vêtements. Paul Broca nous éclaire d’ailleurs en précisant que leur fréquente découverte au sein des sépultures Néolithiques est clairement une « preuve qu’on les inhumait avec les corps de ceux qui les avait portés pendant leur vie ».  Elles permettent également la préservation de maladies exclusivement traitées par trépanation. Non seulement le caractère superstitieux de cette pratique s est ici bien présent mais l’on retrouve également une influence mystique épatante à ne pas négliger. Non seulement le corps est traité mais également l’âme. La peur de la maladie est par ailleurs étroitement liée à la peur du mal-être du corps et de son esprit.

Des crânes humains présentant des traces de modifications artificielles similaires seront retrouvés au même moment sur plusieurs lieux de fouilles. Par exemple, sur le site d’une colonie néolithique en Syrie, où plusieurs crânes délibérément brisés seront extraits. Si d’aucuns prétendent à une forme de punition posthume, ce rite, dont la signification reste encore floue est pourtant déjà décrite en détail en 1945 par André Glory et Romain Robert[3]. Ainsi ils définissent déjà cette mutilation post mortem comme preuve évidente d’une pratique à finalité rituel,[4] prenant comme modèle l’analyse de crânes Néandertaliens découverts sur les lieux du Mont Circé en 1940 par M. Blanc.[5] Une seconde hypothèse sera également avancée, celle d’une pratique Anthropophage comme il le fut interprété lors de l’extraction du crâne d’Ehringsdorf en Allemagne par Boule. [6] Pour les tribus engagées dans la chasse et la cueillette de fruits, en particulier les tribus nomades, il était plus courant de laisser les corps des défunts à la surface, tandis que les sédentaires préféraient les enterrer. Une telle relation n’est pas établie avec certitude et il est donc difficile de tirer une conclusion exacte. Cependant, il est clair que les moyens reconnus de se débarrasser des membres de la tribu décédés avaient également généralement des explications conformes aux croyances religieuses locales. Les cérémonies qui accompagnent les funérailles remplisse une triple fonction :

1) Protéger les vivants d’un possible retour de l’âme parmi eux, capable de leur causer des dommages ;

2)Aider l’âme vers son passage dans l’autre monde ;

3) Faciliter le processus de réincarnation de l’âme. Dans la forme, les rituels et les rituels varient, mais partout on considère que la réussite des objectifs fixés dépend du respect des règles adoptées, qui ne permettent aucune déviation ou omission. Dans de nombreuses sociétés, il existe des rituels complexes, qui peuvent inclure la tenue de cérémonies et d’autres rituels plus complexes. Parfois, une année s’écoule entre l’enterrement et la cérémonie finale, voire plus. Dans de tels cas, les actes funéraires aboutissent souvent au rituel de l’enterrement secondaire, le corps du défunt est alors exhumé, les os sont lavés comme purifiés puis mis en terre à nouveau. 8

 La trépanation : d’acte médico-chirurgical à passeur d’âme

Depuis la Préhistoire, des représentants de différents peuples ont pratiqué la trépanation – une procédure chirurgicale approximative, dans laquelle un trou est percé dans le crâne d’un individu encore en vie. Cette opération est le plus souvent effectuée par perçage, découpe ou raclage. Encore aujourd’hui, chaque année, lors de fouilles archéologiques à travers le monde, de nombreux crânes présentant des traces de trépanation sont été extraits du sol. Les rapports d’étude des anthropologues menés en Afrique et en Polynésie au XXe siècle sur la trépanation, donnent à penser qu’au moins dans quelques cas, l’opération était destinée au traitement des maux de tête – par exemple à la suite d’un traumatisme crânien ou d’une maladie neurologique. C’est probablement, dans le même but, que la trépanation sera également usuelle depuis que l’Homme est Homme. Sur de nombreux crânes trépanés, des signes de dommages mécaniques ou de maladies neurologiques seront retrouvées, souvent à proximité du trou de trépanation. Néanmoins, les chercheurs ont depuis longtemps soupçonné que nos ancêtres effectuaient des pratiques non seulement à des fins médicales, mais aussi à des fins rituelles. La première preuve de l’exécution d’une telle pratique est datée d’environ 7000 ans. La Trépanation a été pratiquée dans diverses parties du monde : dans la Grèce antique, l’Amérique du Nord et du Sud, l’Afrique, la Polynésie et l’Extrême-Orient. Probablement, dans différentes régions, les personnes ont développé indépendamment des techniques de Si la plupart des peuples avaient abandonné cette pratique, dans plusieurs parties de l’Afrique et de la Polynésie dont la population se trouvaient reculées de toute civilisation, ces opérations seront encore très courantes jusqu’au début des années 1990. Depuis la publication de la toute première recherche scientifique sur la trépanation (au XIXe siècle), une troisième hypothèse se fait jour : et si cette pratique n’était qu’un énième culte de la mort afin de permettre l’expulsion de l’âme du défunt ? En outre, la trépanation fait partie intégrante de rites initiatiques. Exclure ou affirmer également l’hypothèse d’une trépanation à but médicale reste très complexe pour la simple raison que pratiquement aucunes pathologies cérébrales ne laissent de séquelles sur le crâne en lui-même. Depuis toujours, le crâne a joué un rôle très important dans le culte et dans la pratique des rituels. Selon l’ethnographe allemand Léo Frobenius, si depuis toujours l’Homme pratique l’inhumation il le fait parce qu’il ne veut rien avoir à faire avec lui, ce qui est une conséquence de sa peur des esprits. Il cherche la destruction complète du cadavre, l’expulsion de ce monde de son âme. Si, au contraire, il ressent de l’amour et du respect pour le défunt, il cherche à rester en contact avec lui et, si possible, à conserver le cadavre le plus longtemps possible à ses côtés. D’un deuil passif nous passons donc à un deuil actif. Le plus grand hommage aux morts est le culte des crânes ou des os dans lesquels leurs âmes sont préservées. Cela explique notamment la propagation du rituel de momification. Chez les papous, en Nouvelle-Guinée, la coutume veut que le défunt soit inhumé dans la hutte où continueront de vivre ses proches après sa mort. Au bout de quelques mois, la mâchoire inférieure est séparée du crâne, et les proches l’utilisent comme bracelet. Il est très intéressant de constater l’existence encore très présente de la pratique du culte des morts, directement représenté par le culte du crâne dans les tribus australiennes, africaines et asiatiques. En Nouvelle-Calédonie une forme inhabituelle d’enterrement est usuelle : le défunt est placé en position assise, la tête dépassant de la tombe. Le crâne, perdant au fil du temps son enveloppe épidermique, cette dernière est remplacée par un masque mortuaire fait d’argile recréant ainsi le portrait du défunt. Selon les coutumes religieuses de la tribu Dourou en Afrique, trois mois après l’enterrement, le crâne du chef du village est exhumé. Jean Pierre Albert définit ce rite de la double inhumation comme « un processus en deux temps, pendant une première période, de durée variable mais souvent indexée sur la disparition des parties molles du cadavre9, le mort demeure à proximité des vivants et il peut venir perturber leur existence ; ensuite, il entre dans la catégorie des « ancêtres » et est désormais neutre ou bénéfique. » Placé au cœur du village il est peint avant d’être enveloppé de sang de chèvre. L’âme du défunt est alors régulièrement invoquée, notamment afin qu’une récolte soit riche et abondante, qu’une naissance se passe sans complication ou qu’un mariage soit heureux. Les veuves des îles Trobriand (Papouasie-Nouvelle-Guinée) plantaient les crânes de leurs maris décédés sur des pieux, servant d’amulette protectrices. Au Soudan, le crâne est également considéré comme symbole de fertilité. Un an après l’enterrement, la tombe d’un ancêtre est éventrée afin d’en extraire le crâne, que l’on lavera soigneusement puis placera dans un autel de fortune.  Si une femme se révèle stérile, son père se tourne vers le crâne : « Vous êtes un vieux père, vous êtes mort depuis longtemps. Vous m’avez donné naissance avant votre mort. Maintenant, j’ai une fille. Elle est mariée, mais n’a pas d’enfant. Vous êtes un vieux père, et je vous demande de lui donner un enfant. »  A contrario, selon les légendes Indiennes, le crâne incarne les forces du mal et apporte la mort à celui qui le trouve. Cette légende est intimement liée au nom du célèbre archéologue Michael Mitchell-Hodgis, qui consacrera sa vie à la recherche de l’Atlantide et pratiquera de nombreuses fouilles dans l’ancienne ville de Lubaantun, conservée dans la jungle du Honduras. Sa fille adoptive, Anna, le jour de son dix-septième anniversaire, au cours d’une énième excursion tombera nez à nez face à un crâne sous l’autel d’un ancien sanctuaire. Cependant, il a été suggéré qu’il ne s’agissait que d’une copie de pierre ce jour-là. Le chercheur lui-même n’a jamais parlé de l’origine de la découverte, dont il emportera le secret dans sa tombe en 1959.  Des exemples de coutumes funéraires dans le détroit de Torres (un groupe d’îles du Pacifique entre l’Australie et la Nouvelle-Guinée) sont également intéressants. Tout d’abord, le cadavre est placé sur un tamis, qui repose horizontalement sur quatre piliers. Le corps est entièrement libéré de son sang, puis, la tête, l’omoplate ou le tibia est séparé du reste du corp, le reste du corps est enterré dans le sol ou jeté en mer. Le crâne est remis solennellement aux proches du défunt, puis déposé sur son ancien lit de sorte qu’il puisse reposer parmi ses proches parents. À Cap York, quelques mois après l’enterrement, les os du défunt sont de nouveau exhumés. Le chef de la tribu, un crâne entre ses mains, à ce moment, tout lui est permis, même le meurtre, parce qu’il agit au nom du défunt.  La relation si singulière envers le corps du défunt est souvent considérée comme inhérente au christianisme : D’aucuns mentionnent même la tradition iconographique de l’image de la tête d’Adam à l’envers comme une sorte de bol, qui accumule le sang qui coule des plaies du Christ. Selon eux, dans ce cas, il est effectivement clairement identifié comme étant le Saint Graal. Le crâne dont le sang abonde serait-il alors le symbole d’un auto-déni dans l’iconographie de l’expiation des péchés ?

Culte du crâne, entre mythe, mysticisme, religion et tradition.

Dans de nombreuses tribus primitives, le crâne était considéré comme un réceptacle de l’âme. La tête de l’ennemi assassiné n’es pas ensevelie avec le reste du corps, mais est placée dans un endroit honorable dans le logement, expliquant cela par le fait que dorénavant elle a été acceptée dans la famille et ne représente aucun danger pour celle-ci, ou, comme nous pouvons le supposer concernant certains crâne de Göbekli Tepe le crâne est conservé à des fins de protection, exploité sous forme d’amulette sacrée, le plus souvent porté autour du cou, parfois même autour du cou du défunt[9] ou encore suspendue à l’entrée du lieu de vie afin de repousser le mauvais œil et empêcher non seulement le courroux de l’esprit mais également que ne s’abattent le malheur sur l’ensemble de la communauté. Par son caractère unique, si cette pratique n’est pas encore prouvable formellement, le crâne des vaincus était peint de couleurs vives, de sorte qu’il ne se sente pas « offensé ». Des rites similaires sont pratiqués sur les crânes des parents décédés. Chez les Celtes, le crâne était vénéré comme le centre du pouvoir sacré, qui protégeait l’homme des forces adverses et lui conférait santé et richesse. Le crâne est également l’attribut des ermites hindous, signe de leur renonciation au monde sur la voie du salut. En outre, le crâne peut être une mesure du développement (avancement) de la personnalité dans les divinités tibétaines. Les immortels taoïstes sont souvent représentés avec un crâne surdimensionné, signe qu’ils ont accumulé une énorme quantité d’énergie yang. Le nombre de crânes suspendus à la ceinture du guerrier celte ou hun était une sorte d’indicateur de ses prouesses. Le crâne était considéré non seulement comme un symbole de victoire sur l’ennemi, mais aussi comme un moyen de protéger le vainqueur. De l’avis des Celtes, le pouvoir mystique contenu dans le crâne continue même après la mort du vaincu de servir son vainqueur. Les cavaliers celtiques allèrent au combat, attachant leurs multiples trophées crâniens aux lances et aux harnais des chevaux. Plus tard, le crâne est utilisé comme coupe sacrée dans divers rituels. Les têtes des ennemis moins nobles étaient clouées aux habitations. Au cœur de ces coutumes apparemment barbares est la notion que la tête est un don divin immortel. Si le Scythe commettait un meurtre, qu’il s’agisse d’un ennemi ou d’un proche parent, il sciait son crâne. La partie supérieure de ce dernier était soigneusement nettoyé et emporté, après quoi un bol était fabriqué à partir de celui-ci.  La moitié du crâne était couverte de cuir brut et de riches ornements.  Sur la base de cette croyance, les peintres médiévaux ont souvent dépeint des gouttes de sang coulant des plaies du Christ et tombant sur le crâne d’Adam pour symboliser la purification et le pardon de son péché. Parfois, le crâne d’Adam a été représenté comme inversé, sous la forme d’une sorte de coupe où le sang coulant du Christ s’accumule. Dans ce cas, la tête d’Adam est en réalité identifiée au Saint Graal. Le centre de composition est traditionnellement le crâne humain. De telles images étaient destinées à rappeler le caractère éphémère de la vie et de la futilité du plaisir, le crâne exprimant la futilité de l’effort pour maîtriser la connaissance et la sagesse.  Le crâne agit à la fois comme un symbole indépendant et comme l’attribut principal des figures personnifiées. Le symbolisme de l’impermanence de l’existence est véhiculé dans une série de peintures, unies par le même nom latin « Vanitas » littéralement « vanité ») un style de peinture baroque, une nature morte allégorique dont le centre de composition est traditionnellement le crâne humain. De telles images, le stade précoce de la nature morte, avaient pour but de nous rappeler le caractère éphémère de la vie, la futilité du plaisir et l’inévitabilité de la mort. À côté du crâne, ils ont souvent représenté … de la nourriture. Fruits, légumes, viande, autres produits périssables. Ensemble, ces objets étaient censés rappeler au spectateur la fugacité de la vie. « Dépêchez-vous de faire le bien », nous disent les auteurs de ces natures mortes, « la vie continue aussi vite qu’une pourriture ». Le crâne, en tant qu’attribut de la mélancolie personnifiée au-dessus du livre ouvert, exprime la futilité de ses efforts pour maîtriser la connaissance et la sagesse. La main du personnage, placée fermement sur le crâne, indique un profond respect pour le défunt.

La couronne (le plus souvent de Laurier ou de blé) placée sur le crâne témoigne éloquemment de la gloire posthume du défunt, symbole de résurrection. En outre, le crâne est considéré comme un symbole de victoire, et symbolise la protection contre la mort. Dans la Rome antique, le crâne symbolise la victoire de la vie sur la mort, symbole très prisé par les soldats pendant les processions de triomphe de la victoire, et toujours accompagné de cette célèbre l’expression latine : « Memento mori », « Souviens-toi que tu es mortel ».

Conclusion

Depuis la préhistoire, le crâne a joué un rôle très important dans le culte et dans la production de rituels. Beaucoup d’anciens peuples et tribus étaient convaincus que le crâne restait un contenant de force vitale (y compris après sa séparation du tronc), ce qui marqua clairement le début d’une large diffusion du culte du crâne. Une caractéristique commune à la plupart des sépultures non corporelles est la présence d’au moins un corps enterré, dont l’intégrité anatomique est artificiellement brisée avant l’inhumation. A cette fin la pratique de la décapitation, parfois suivie par la récupération du cerveau et l’enterrement du crâne, ainsi que d’autres parties du corps, l’isolement de la mâchoire inférieure, la libération des os du défunt des tissus mous pourraient être liés à la pratique d’un cannibalisme rituel du corps. Le ré-enterrement et l’enterrement sont connus selon le principe de « l’enterrement d’une partie au lieu d’un tout » (y compris l’enterrement des crânes individuels). Trois tendances sont combinées, dont deux sont mutuellement opposées. D’une part, c’est le désir de préserver, sécuriser le corps. De l’autre, l’évidence d’un certain degré de violence sur le corps, telle que sa destruction partielle ou totale (cannibalisme, crémation). Enfin, la modification du corps ou d’une partie seulement (crâne, mâchoire) en un objet de culte, de superstitions, de magie. Dans toutes ces tendances, les vues religieuses et magiques des paléanthropiens se reflètent dans leur relative unité et complexité : traces de rituel funéraire, culte des crânes humains, démembrement des corps… tout cela donne à penser que les premières preuves fiables de l’activité religieuse sont associées à la mort Comme nous avons pu le constater, dans la culture occidentale, la relation entre les vivants et les morts a subi ses changements fondamentaux à partir du XVIII e siècle. Le triomphe du concept moderne d’individualisme s’opposait aux concepts antérieurs du corporatisme, qui influençaient les attitudes modernes envers la mort. Comme l’a noté le célèbre sociologue français Jean Baudrillard, nous avons passé le chemin de l’évolution, dans lequel « les morts cessent progressivement d’exister ». Jean Baudrillard pense que, dans un contexte de mort imminente, tout devient plus misérable, ainsi l’absence d’une attitude sacrée à son égard au niveau individuel est directement liée à la désintégration de toute la société moderne. L’effet de la perception des restes du défunt a changé. On pense qu’ils sont non hygiéniques et peuvent perpétrer les épidémies. Les lieux sacrés doivent dorénavant être protégés contre la pollution émanant des corps ou la profanation. De nos jours, l’interaction entre le monde des vivants et celui des morts est de plus en plus considérée comme une barrière impénétrable, excluant la relation entre les deux mondes. Nous délaissons notre passé, nos ancêtres, en conservons quelques souvenirs mais cela n’ira jamais plus loin. Enfin, est-il étonnant qu’un ocre rouge contenant de la chaux soit régulièrement découvert au sein de tombes Néolithique ? Cela a empêché la propagation des bactéries putréfactives, l’émergence d’épidémies qui pourraient détruire toute la tribu. On sait que les tribus modernes des Aborigènes utilisent l’ocre pour s’habiller. Qui sait, peut-être était-ce également le cas de nos ancêtres néandertaliens … Ainsi, il semble que l’ocre pour l’Homme de Neandertal était un moyen efficace afin de lutter contre la décomposition des corps, une résine efficace résistant à l’usure du temps mais également permettant de lutter contre les invasions de décomposant naturels tel que les insectes ou peut-être même encore les charognards, ainsi qu’un prémices antiseptique, enfin l’ocre était simplement un moyen nécessaire pour une survie réussie non seulement du corp vivant mais également du corp mort. Traitement des plaies purulentes, des fractures des os, la présence d’ocre sur des échantillons d’amulettes crânienne découverte sur le site Turque de Göbekli Tepe n’est certainement pas accidentelle et dans tous les cas nous précise la nature rituelle, médicale mais surtout pratique de celle-ci dès le Néolithique. Progressivement, beaucoup de ses propriétés tomberont dans l’oubli. Or, l’ocre n’est perçu que comme un colorant, de nos jours en particulier, il est largement utilisé dans la fabrication de cosmétiques de luxe, bien que les fonctions de cette roche soient en fait beaucoup plus diversifiées. Enfin Le crâne, réceptacle de l’âme, conserve son contenu spirituel, invisible, une partie de la personnalité du défunt, avec lequel le vivant peut communiquer. Le rite funéraire au Néolithique, dans lequel, à en juger par les restes d’amulettes découvertes, renforce intimement ce lien. Les ancêtres morts font ainsi intégralement partie du monde vivant.

Göbekli Tepe un culte du crâne du néolithique révélé par les chercheurs-2
Détails d’amulettes crâniennes régulières et irrégulières, site archéologie de Göbekli Tepe, nous pouvons remarquer la présence d’une profonde encoche sur certains échantillons dont certaine présente une pigmentation rougeâtre plus ou moins prononcée. L’ocre est surtout utilisé à des fins de conservations lors de la confection d’objet fragiles nécessitant une protection contre les ravages du temps comme dans le cas de ces amulettes. Les entailles étant pratiquées lorsque l’os est encore souple, il ne fait aucun doute que l’ocre agit ici comme « vernis » protecteur outre sa caractéristique rituelle. fig.A : le bord gauche laisse supposer qu’il fait partie d’une suture, le bord inférieur est cassé, les bords extérieurs sont coupés. La fracture centrale s’est-elle produite dans le sol ou pendant la manipulation faite au Néolithique ? 10 Crédit Photographique : Julia Gresky, German Archaeological Institute

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Figure 1 De G.à D : Amulette à encoche, à bord falciforme, à demi régulière (Dolmen de la « cave des fées, Lozère) ; Dolmen de la Gailline (Lozère); Tombeaux des Poulacres. 11

 

Notes

1 La vénération des reliques remonte aux premiers siècles de l’histoire chrétienne. Au siècle de la persécution, quand le martyre était pour les chrétiens une manière de témoigner de leur foi en la vérité de la résurrection du Christ d’entre les morts, et qui se sont produits après que la victoire sur la mort, dans l’espoir de résurrection future des croyants ont utilisé tous les moyens pour entrer dans leur possession et de conserver dans le corps intact les coreligionnaires, et les lieux de leur enterrement sont devenus des sanctuaires, où le culte chrétien naîtra. A la fin du IIIe – début du IVe siècles, un certain nombre de clercs appelleront à un déni de cette pratique considéré comme indigne coutume païenne de la part de communauté chrétiennes. La première décision du conseil de l’église concernant la vénération des reliques fut prise par la cathédrale carthaginoise (393-419). De nos jours il est encore intéressant de remarquer que certaines associations chrétiennes dénoncent cette pratique qu’ils considèrent, je cite : « Comme d’abominables rites païens ».

 

2 Nous pouvons même remarquer la présence d’une suture semblable aux rondelles découverte en Lozère près du dolmen dite de la « Cave des fées » (fig 1) ou encore sur les côtes méditerranéennes.

 

3 Paul Broca, Sur les trépanations Préhistoriques p.197-198

 

 4 A. GloryRomain Robert, Le culte des crânes humains aux époques préhistoriques

Bulletins et Mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris Année 1947 8 pp. 114-133

5 A. Glory, R. Robert, Société d’Anthropologie de Paris, P.130, 1947

 6 L’Uomo fossile del monte Circeo : un cranio neandertaliano, XXIX, 1939, Rome.

 7 A. Glory, R. Robert, Le culte des crânes humains, P. 131. 1947

8 Ils mènent une « guérison de l’âme » ou « l’expulsion du diable ». Le professeur d’anthropologie John Verano souligne que c’est dans ce but qu’une telle opération a été menée au Moyen Âge. En reprenant la théorie traditionnaliste particulièrement répandue : celle des pères fondateurs de l’anthropologie Edward Tylor (1832-1917) et de James Georges Frazer (1869-1941), Jean Pierre Albert réduit la libération de l’âme et la sérénité de celle-ci à la simple décomposition de chairs. Or, dans la plupart des rites funéraires, et notamment ceux dont le rite consiste en une double inhumation des corps, la symbolique du crâne voire la trépanation joue un rôle à ne pas négliger dans la libération de l’âme du défunt. C’est d’ailleurs essentiellement ce rituel consistant à honorer le crâne du proche qui permet d’apaiser le courroux de son esprit.

 

9 L’intervalle de temps est exclusivement liée au cycle de décomposition des corps. En effet, l’âme du défunt continue de s’approprier son ancien corps, et sa libération ne se produit qu’après décomposition complète des chairs. Le sociologue français Robert Ere, qui a d’abord attiré l’attention sur cette croyance, croit que la crémation est apparue comme un moyen d’accélérer ce processus de libération de l’âme.

 

10 Dans le cas d’une telle dentelure, plusieurs questions se pose alors : – La cassure est-elle émanant d’une cause naturelle ou de la main de l’homme ? Dans le cas d’une fracture volontaire, une encoche artificielle profonde est alors pratiquée sur le bord cassé, puis, une seconde encoche est entaillé sur le bord opposé de l’amulette, enfin, une union de l’ensemble est pratiqué par le biais d’un sillon peu profond afin de permettre la mise en place du cordon de suspension. Une possible subdivision des fragments dans le but d’en céder une partie à un tiers de la tribu ou dans un but commercial est également envisageable.

 11 Paul Broca, sur la trépanation des crânes et les amulettes crâniennes à l’époque néolithique. But de la trépanation posthume. Description des amulettes crâniennes, revue d’anthropologie P.193-197-198.

 

Références bibliographiques

 

J.P Albert, Les rites funéraires, Approches anthropologiques. Les cahiers de la faculté de théologie, 1999, pp.141-152

A. Änggård, A Humanitarian Past : Antiquitys Impact on Present Social Conditions, 2014

M.Blanc, Les grottes paléolithiques et l’homme fossilisé du Mont Cirsé, revue scientifique, 1940.

P. Broca, Sur la trépanation du crâne et les amulettes crâniennes à l’époque néolithique. But de la trépanation posthume. Description des amulettes crâniennes ; 1877, Revue d’anthropologie tome 6, pp.193-225, Université Paris-Descartes.

 P. Broca, Bulletins de la société d’anthropologie, 1874, t.IX p. 199

 N. Cavanhié L’ours qui a vu l’homme ? Étude archéozoologique et taphonomique du site paléolithique moyen de Regourdou, Montignac, Dordogne, France. P.39-63

 G. Corder Rondelles crâniennes. Une enquête bibliographique, Bulletin de la société Préhistorique Française, 2005, tome 102, N°2, P.361-369

C.Gates. Ancient Cities : The Archaeology of Urban Life in the Ancient Near East and Egypt, Greece and Rome, 2011

A. Glory, R. Robert Le culte des crânes humains aux époques préhistoriques Bulletins et Mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris ; 1947 pp. 114-133

J. Gresky, J. Haelm, L. Clare, Modified human crania from Göbekli Tepe provide evidence for a new form of Neolithic skull cult, Science Advances 28 Jun 2017 : Vol. 3, no. 6,

Dr. M. Gruet Les Trépanations Préhistoriques, 1979

J.-C Schmitt Claude Lecouteux, Fantômes et revenants au Moyen Âge, pp. 632-634

C. Sterckx, Les mutilations des ennemis chez les Celtes préchrétiens : La Tête, les Seins, le Graal, Editions L’Harmattan, 2005

C. Watts, Relational Archaeologies : Humans, Animals, Things, 2014

Les pratiques funéraires néolithiques avant 3500 av. J.-C. en France et dans les régions limitrophes : Table ronde SPF, Saint-Germain-en-Laye, 2001

 

 

Les masques mortuaires Tashtyk, entre double humain et réceptacle de l’âme

 

 

 

 

D’aucuns les associent à la notion d’un double humain, au réceptacle de son âme, d’autres évoquent un culte unique des ancêtres. Phénomène unique dans l’histoire du développement de la culture Khakassienne, les masques mortuaires Tashtyk reflète parfaitement les changements fondamentaux culturels et ethniques complexes qui se sont produits entre le Ier et le Ve siècle sur le territoire de la Sibérie méridionale. Cette découverte est d’autant plus importante, qu’elle nous permet d’aborder d’un angle totalement différent les rites funéraires de cette période. Étude de cas : Les masques funéraires retrouvés au sein de nombreuses sépulture issues de la culture Tashtyk. Il a été établi qu’avant l’inhumation des corps, ceux-ci  étaient soumis à la momification, à la trépanation du crâne et au moulage de celui-ci. Le corps est finalement embaumé, les organes internes sont soigneusement ôtés puis soumis à un lavage permettant une purification du corps avant que celui ci n’entreprenne sont voyage vers les nombreuses épreuves qui lui permettront d’accéder finalement vers l’autre monde. Les études d’anthropologues ont démontré que le corps des femmes était systématiquement conservé intacts, tandis que celui des hommes est le plus souvent soumis au rite de la crémation comme rite de purification par le feu cette fois ci. Les masques funéraires se compose d’un mélange blanc, généralement pris pour du minéral gypse. Certains masques présentent des traces d’usures, certains sont fissurés alors que d’autre sont même découvert en partie calcinés. Mais tous conservent une déconcertante solidité.  La solidification prolongée du gypse est expliquée par l’augmentation de la résistance de la structure de cristallisation lors du séchage. La cristallisation dure pendant des heures et même des jours. Il est également à noter que le taux d’hydratation dépend de nombreux facteurs et continue après le durcissement du gypse. Même après 7 jours, l’hydratation n’est pas encore complète. La chaux en revanche, possédant presque toutes les propriétés du gypse, obtient sa solidification par simple combustion. Il est possible alors que dans le flot d’échantillons de masques découverts nous ayons affaire à une sorte de composition hybride de gypse et de chaux, le tout lié d’un léger mélange de sable fin de quartz, ou encore de kaolins blancs comme nous pouvons le trouver à l’heure actuelle le long des rives de l’Abakan. En attendant, une chose est certaine – les masques funéraires du bassin Minoussinsk ne sont pas faits de gypse pur mais d’une sorte de terre cuite dont la composition nous est encore inconnue, cuite après moulage pour ainsi résister avec succès à une détérioration provoquée par l’humidité du sol. Si cette terre cuite a très bien résisté au temps, elle présentera une forte calcination diffuse certainement provoqué par sa cuisson. Tous les masques ou presque sont vraisemblablement directement moulés sur le visage du défunt, ou à partir de son image, le plus souvent esquissée à la main. La présence de cette hypothèse est notamment confirmée par la présence de masques dont certaines parties du visage sont interprétées schématiquement, par exemple, un nez en forme de demi-cône dont les narines sont absentes. Il est possible qu’une telle méthode ait aussi été causée par des détériorations partielles des formes originales, il alors semblait nécessaire de mettre en place une restauration partielle ou totale des parties manquantes sur la matrice originale. Il est à présent nécessaire de se poser la question quant à une possible relation entre la découverte de ses masques funéraires et le culte des morts et ainsi de savoir dans quelle mesure cette hypothèse correspond à l’ensemble du parcours antérieur de développement des formes de culte au Ienisseï moyen. Notons d’ailleurs que depuis l’antiquité se retrouve des signes évidents d’adoration des ancêtres au cœur du bassin Minoussinsk. Parmi ceux-ci, les stèles de pierre de Karassouk représentant des visages humains, parfois incroyablement réalistes, de cerf ou de taureau stylisés. Dans les ornements des stèles de Karassouk, il a pu être distingué d’anciens symboles chinois. Cependant, leur comparaison avec Tashtyk prouve une nouvelle fois l’indépendance de ces derniers et le caractère unique des masques. Les masques funéraires chinois ne révèlent absolument pas le désir de la réalité du portrait. Ils restent dans la convention rituelle. À cet égard, les masques funéraires Tashtyk convergent avec leurs homologues occidentaux. Cependant, il n’existe pas encore de données permettant de confirmer formellement le lien direct entre ces deux formes de rite funéraires. Les masques de Tashtyk étaient un phénomène remarquable, se développant principalement indépendamment. Ainsi, à la fois l’observation directe et l’étude anthropométrique des masques indiquent le processus de changement de l’ancienne population homogène caucasoïde de la dépression de Minoussinsk à l’époque de Tashtyk. Par conséquent, les masques funéraires suggèrent d’une très grande importance historique : ils fournissent une base permettant de faire le lien entre la formation de la population Khakasses moderne avec toute l’histoire du bassin Minoussinsk.

 

Crédit Photographique : Muséum d’Histoire de Moscou, Musée de l’ Ermitage.

Sources et références bibliographiques :

Christian, David. A History of Russia, Central Asia and Mongolia. Blackwell Publishers, 1999

Christoph Baumer, The History of Central Asia: The Age of the Steppe Warriors, 2012

Natalie R. Franklin, Matthias Strecker, Rock Art Studies – News of the World Volume 3, 2008

 

Vers la découverte d’un premier culte de l’Homme, Héritage et évolution (Article complet à paraître bientôt)

Étude Historique et Anthropologique sur les origines du culte du crâne.

(Article complet à paraître bientôt)

INTRODUCTION

Depuis la sédentarisation de l’Homme, la mort est considérée comme l’un des événements les plus significatifs de la vie humaine. D’où l’émergence de nombreux rites élaborés sur le culte de la mort. Ce sont d’ailleurs [et nous aurons l’occasion de le constater à travers cet article] les sociétés primitives qui se caractérisent par la plus grande variété de rites funéraires. Les premières sépultures délibérément employées à des fins rituelles verront d’ailleurs le jour il y a environ 60 à 70 mille ans. La tombe (du grec tymbos grec) est littéralement le lieu où reposent les Hommes et où l’on peut rendre hommage à leur mémoire. En règle générale, les caractéristiques de la tombe reflètent le rôle du défunt dans la hiérarchie sociale. Du point de vue de l’anthropologie, l’existence d’un cimetière (du grec koimeterion signifiant littéralement « lieu de repos ») est le premier signe du développement d’un certain modernisme d’une civilisation. A contrario, dans les sociétés plus anciennes, il était de coutume d’organiser l’enterrement dans des zones spécialement désignées, prenant plutôt l’apparence de véritables villes des morts comme nous pouvons le remarquer à Athènes en Grèce au sein de la nécropole du Céramique ou encore au sein des nécropoles étrusques de Cerveteri et Tarquinia.

De ces rites funéraires découlera une seconde pratique tout aussi essentielle à une meilleure compréhension du culte de la mort : celui du culte des crânes.  Certains peuples, tels quel les Slaves ou les Scandinaves lui conférait des pouvoirs de guérison, de protection, de richesse, de fertilité ou à contrario de mort. En outre, ses fonctions de protection peuvent être réalisées par des « modèles », des copies le plus souvent taillées dans la pierre ou dans l’argile, moyen permettant de ne pas troubler le repos du défunt.  Sa possession, d’abord réservé aux prêtres païens, c’est avec l’avènement du christianisme que le crâne deviendra partie intégrante du symbolisme et de l’iconographie catholique, devenant notamment l’attribut de nombreux saints chrétiens tel que Marie-Madeleine ou encore François d’Assise. Enfin le crâne blanc selon certaines croyances est également le signe d’une aura supérieure douée d’un puissant pouvoir résurrectionnel. Les crânes humains étaient ainsi conservés à des fins de sorcellerie notamment au sein des tribus primitives cannibales.

L’exploitation de ces sources devrait permettre de répondre à une série d’interrogations inhérentes au sujet : Ainsi nous analyserons ce qui semble être le témoignage d’un culte étroitement lié depuis toujours aux énergies spirituelles…puis nous tenterons de répondre aux questions suivantes : Le respect des morts est-il nécessairement le reflet d’une société archaïque ?  Notre concept de modernité est-il encore compatible d’avec une sacralisation de nos ancêtres ? cet article tend ainsi à démontrer comment l’humanité au fil du temps à en partie désacraliser notre perception vie-mort et ce notamment en raison du rythme de vie à la cadence parfois peu gérable à laquelle nous sommes tous confronter donc de cause à effet à un individualisme sociologique nous poursuivant à présent même après notre mort…

 

 

Une momie vieille de 1500 ans découverte en 1956, pourrait enfin révéler ses secrets à la suite de la possible décision d’une nouvelle exhumation.

Kirghizstan : une momie vieille de 1500 ans découverte en 1956, pourrait enfin révéler ses secrets à la suite de la supposée décision d’une nouvelle exhumation.

C’est à la suite de plusieurs semaines de débat que la commission gouvernementale a finalement recommandé de ramener la momie à sa place, au sein du musée d’Histoire où elle était conservée depuis plusieurs années. Rappelons-le, l’inhumation de cette dernière avait provoqué en cette fin d’année un immense tollé au sein du monde scientifique et soulevé de nombreux débats. En effet, son sort ne cesse de diviser depuis de nombreuses années : la communauté musulmane, ainsi que des médiums , avait exigé son retour en terre afin de [je cite] :  » Éviter un bain de sang à l’élection ». Selon ces mêmes médiums, les deux révolutions kirghize de 2005 et 2010, ainsi que les difficultés économiques et les catastrophes naturelles étaient causées par « l’insatisfaction » de la «Vierge Batken ». 

La BBC a fait appel à l’archéologue, le professeur Kadycha Tachbaïeva, pour lui demander quelles mesures devaient être prises à la suite du tant espéré retour de la momie :

« Dès le départ cette inhumation a été une mauvaise décision, qui a déshonoré les scientifiques et le public. Il est incompréhensible d’inhumer une telle découverte reflétant l’ère la plus ancienne de l’Histoire. Après son retour, il est nécessaire de créer de bonnes conditions propices à son analyse. Je soutiens pleinement cette décision du parlement. Après le déclenchement du scandale, l’opinion a été exprimée que la momie n’avait pas été étudiée depuis un demi-siècle. Maintenant, vous avez la possibilité d’explorer la découverte dans les aspects génétiques et autres et obtenir beaucoup de nouvelles informations.

Une collaboration entre scientifiques nationaux mais également étranger est envisageable. Il y a deux ans, nous avions fourni aux scientifiques Danois des squelettes et d’autres restes de chevaux dans le cadre d’une recherche conjointe dont les résultats seront bientôt publiés. Après celle décision d’inhumation, j’ai reçu de nombreuses lettres de scientifiques étrangers. Ils ont également perçu négativement cet acte et sont d’avis qu’une analyse est nécessaire.  Tout l’été, je me suis rendu sur les lieux d’une fouille archéologique à grande échelle à Kochkor, cette décision d’inhumation a été prise en mon absence. Deux réunions ont eu lieu. Je n’ai pu participer à aucune d’entre elle, je n’ai pas non plus, beaucoup plus d’information. Si j’avais su, je me serais opposé à cette décision autant que possible. Cette nouvelle décision est alors particulièrement satisfaisante.

 

Espérons à présent que cette demande aboutisse et qu’elle puisse enfin découler sur des tests ADN approfondis du corps découvert en 1956 dans le sud du pays.

http://www.geo.fr/reportages/kirghizstan-la-momie-le-ministre-et-les-mediums-180730

http://www.gezitter.org/culture/66193_taabaldiev_eksgumatsiya_mumii_pozvolit_raskryit_mnogie_taynyi_/

L’analyse du cœur de Frédéric Chopin refusée par le gouvernement Polonais.

 

 

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Chopin en 1835 (peinture de Maria Wodzińska)

Le compositeur et pianiste polonais Frédéric Chopin est né en 1810 près de Varsovie, puis s’installe en France, où il meurt à l’âge de 39 ans. Si jusqu’à présent nous étions convaincus qu’il était atteint de tuberculose, en 2008, des experts médicaux polonais proposeront une version bien différente :  fibrose kystique, une maladie héréditaire grave, dont les patients atteints de forme aiguë vivent rarement jusqu’à 30 ans. Cette année, une nouvelle équipe de recherche dirigé par la professeur Michal Witt tenteront de clarifier le diagnostic en étudiant le cœur du compositeur, 168 ans stockés dans du cognac dans un flacon de cristal. Si les scientifiques n’ont pas eu l’autorisation d’ouvrir le récipient hermétiquement scellé, c’est par le biais de photographies qu’ils analyseront son aspect. Selon les premières constations cela correspondrais au diagnostic original : la tuberculose, comme l’a précisé le Directeur de recherche, le professeur Michal Witt.

Les résultats ainsi que des photographies inédites du cœur seront publiés dans la revue American Journal of Medicine. Cependant, exclure la possibilité d’une fibrose kystique ne sera permise seulement à la suite de l’analyse de l’ADN isolé du tissu cardiaque ; C’est le seul moyen de savoir si le compositeur était porteur de la mutation du gène CFTR, qui conduit au développement de cette maladie. Depuis 2008, le ministère de la Culture Polonais rejette toutes les demandes d’extraction du cœur de Chopin par crainte que la procédure ne détruise définitivement l’organe. Chopin est l’une des figures les plus célèbres de la culture polonaise, et son cœur, conservé dans de l’alcool, est un objet de patrimoine précieux pour les Polonais.

Actuellement, le cœur de Chopin est conservé dans le Temple de la Sainte Croix à Varsovie dans un liquide transparent de couleur ambrée, que les experts considèrent comme une sorte de cognac ; rappelons qu’après la Révolution française, cette boisson sera utilisée le plus souvent pour la conservation des organes comme le notent les historiens.

S’il est courant de constater le développement d’un bouleversement symptomatique cardiaque dans le cadre de pathologies infectieuses, les nombreux changements physiologiques survenant post-mortem sur le cœur peuvent cependant déformer la réalité histologique. Les formes chroniques de myocardite incluent la myocardite tuberculeuse. Le bacille tuberculeux s’infiltre au sein du muscle cardiaque lors de son cycle cellulaire. Par conséquent, il y a plus d’un demi-siècle, des lésions myocardiques causées par la tuberculose sont tout à fait probables. Nous comptons environs 100 à 110 cas de tuberculose cardiaque par ans à travers le monde. Au cours des 2-3 dernières années, les rapports publiés démontre un lien évident entre myocardite et tuberculose pulmonaire, mais l’incidence des lésions du myocarde et l’étiologie sont évalués différemment.
Naturellement, la plupart des analyses sont effectuées par des pathologistes. Un échantillon de tissu cardiaque est alors soumis à un examen macroscopique et microscopique ; de cette analyse, d’importantes lésions ont rarement été étudiées. Cependant dans le cas de possibles lésions apparentes sur le cœur, il est alors évident qu’un processus hématogène disséminé ou une pathologie progressive entraînant de sévères complications ont prévalu.

A titre d’information voici le résultat d’analyse réalisée en 1828 sur 118 cœurs d’enfants précisons-le.

Sur 118 cœurs de jeunes patients décédés des suites d’une forme graves de tuberculose, des changements spécifiques visible sur le cœur ne seront observée que dans seulement 2 cas.

50 cas présenteront des signes évidents d’inflammations myocardiques.

22% des cas présenteront une destruction spécifique du muscle cardiaque dont l’origine sera vraisemblablement causée par la présence du bacille tuberculeux.

Concernant les cas restants, les changements inflammatoires étaient de nature toxique et allergique.

Enfin rappelons que la tuberculose provoque également des changements de poids et de volume du cœur, les doublant dans la plupart des cas.

Les ossements disparus de Clovis Ier

D’après les notes retranscrites d’Alexandre Bourla fils suite aux fouilles de M. B. Bourla père, architecte du gouvernement au sein de l’église Sainte-Geneviève en 1807 à Paris, étude Historique.

Étude dans son intégralité :

Les ossements disparus de Clovis Ier

Portrait Clovis
Gisant du Roi des Francs Clovis Ier ; Rénovation datant du XVIIe siècle par l’abbé de la Rochefoucauld disposée au cœur de la Basilique Royale Saint Denis à Paris, reproduisant fidèlement la technique du XIIe siècle.
Photographie : E. GUILLEMIN

 

Pillage d’artéfacts et de sépultures sur les lieux de fouilles archéologiques : Principal facteur de destruction du patrimoine ?

La préservation du patrimoine archéologique pour les générations futures devrait être considérée comme l’une des directions les plus importantes de la politique culturelle mondiale, comme une norme intégrale de comportement dans la résolution de tout problème de développement moderne. Tous les États devraient s’efforcer d’assurer la préservation des monuments archéologiques sur leur territoire, en partant du fait que le patrimoine archéologique est un témoignage de la richesse culturelle et la profondeur de la mémoire historique nationale.

 

En outre, plus la croissance industrielle progresse, plus l’importance est attachée à la préservation des antiquités nationales. Il ne s’agit pas seulement de préserver les découvertes archéologiques dans les collections de musées, mais surtout de préserver physiquement les sites archéologiques dans le paysage, les sépultures, les restes d’installations de production anciennes et les objets religieux.

 

La loi protégeant le patrimoine archéologique et historique Français, adoptée en 1989, puis reprise en 2004, nécessite une préservation inconditionnelle des sites archéologiques en France, en accordant une grande attention à ces lieux. Étant donné qu’ils sont des biens de l’État, des poursuites pour fouilles illégales peuvent être faites sur la base des articles L531-1 et L542-1 du Code du patrimoine qui détermine la responsabilité du vol dont la découverte a été réalisé au moyen de détecteurs de métaux. Pour lutter plus efficacement contre les fouilles prédatrices, il est absolument nécessaire d’adopter un acte réglementaire régissant la vente et l’utilisation de détecteurs de métaux. La question de la réglementation juridique des biens culturels mobiliers sur le territoire Français revêt une importance exceptionnelle. En mai 2003, la Conférence de Berlin sur l’archéologie illégale a proposé l’introduction d’une règle stricte interdisant la vente d’antiquités sans documentation officielle confirmant leur « Origine légale ».

Cependant, la situation réelle qui s’est développée dans ce domaine est loin des principes déclarés et cause une profonde préoccupation. La préservation du patrimoine archéologique signifie, d’une part, la préservation de 520.000 objets par an.

La principale menace pour les monuments archéologiques jusqu’à peu, était la construction moderne. Pour cette raison, la préservation du patrimoine archéologique présupposait tout d’abord la contre-réaction à l’invasion de la civilisation moderne dans les territoires saturés d’antiquités, la prévention de la destruction des objets anciens par les constructeurs modernes. Cependant, très récemment, un nouveau facteur de destruction du patrimoine archéologique est apparu.  Il s’agit des fouilles prédatrices. Une vague de fouilles issu de braconnage dans le sens entier du terme balaye depuis quelques années la France et à plus grande échelle, la plupart des sites archéologiques mondiaux. L’exploitation barbare des antiquités s’est transformée en une pêcherie bien organisée et rentable, dans laquelle des centaines de personnes sont impliquées. Depuis plusieurs années, archéologues, conservateurs de musées, tous alertent sur une hémorragie historique et anthropologique que rien ne semble arrêter. Cependant, la voix des professionnels, abandonnée par la publicité puissante de la chasse au trésor considéré comme un nouveau sport, reste presque inaudible.

 

Le pillage des monuments archéologiques, commencera à prendre de l’ampleur à la fin du XXe siècle et deviendra un réel danger prenant une ampleur considérable au cours des dix dernières années. Cette amplification sera causée par plusieurs facteurs. L’un d’entre eux est l’engouement pour les antiquités en France, et ce depuis dix ans. Ils sont soudainement devenus une « marchandise » à part entière, l’une de ces « ressources naturelles », dont l’extraction n’exige pas de grandes dépenses et dont les ventes « habiles » génèrent un profit élevé.

 

Le second facteur, est la propagation de détecteurs de métaux hautement sophistiqués qui sont apparus en Europe et aux États-Unis à la fin des années 1980. Les premiers organisateurs de fouilles illégales étaient étroitement associés à des clubs de recherche qui utilisaient des détecteurs de métaux pour collecter des objets datant de la Seconde Guerre mondiale.

 

Enfin, l’apparition de détecteurs de métaux a fondamentalement facilité la possibilité d’extraire des choses anciennes de leur couche culturelle et des sépultures, rendant le travail des pilleurs beaucoup plus efficace et destructeur. Enfin, paradoxalement, l’une des sources qui nourrissent les activités des pilleurs de site, est l’intérêt croissant pour le passé, l’insatisfaction des nouveaux groupes sociaux avec ces formes de familiarisation avec le passé (par le biais de livres, d’expositions de musées, etc.) formés antérieurement dans la société.

 

La présence d’un halo romantique autour des fouilles illégales est facilitée par leur propre nom de « chasseur de trésor », terme largement relayé dans la presse, la télévision et sur internet. Ce mot, ainsi que les termes « activité de recherche » ou encore « archéologie noire », cachent la véritable essence de cette activité, créant l’illusion que ces fouilles non autorisées recueillent des trésors orphelins, voués à l’oubli par la science officielle. En réalité, l’extraction de ceux qui se disent « Chasseurs de trésors », ne sont pas des trésors, mais des objets anciens, pillés au sein même d’anciennes sépultures, lieu de vie d’anciens peuples et monuments archéologiques échappant totalement à la protection de l’État. La vente d’antiquités a traditionnellement été une source de subsistance pour une partie de la population dans de nombreux pays, principalement au Moyen-Orient et en Amérique latine. Aujourd’hui, les fouilles illégales ont été largement exploitées également en France. Pourtant, on croit généralement que l’exportation des antiquités est le seul moyen de ressource de certains pays pauvres. Avec la prolifération et l’amélioration des détecteurs de métaux, les fouilles prédatrices deviennent de plus en plus simples. Les structures étatiques responsables de la protection du patrimoine culturel en Occident, répondent rapidement au nouveau danger. Cependant, l’ampleur de l’activité prédatrice sur les monuments anciens d’Europe est incontestablement croissante. La perte du patrimoine culturel à la suite de telles fouilles est habituellement perçue comme une perte « physique » d’artefact ancien qui seront perdus à tout jamais.  Lorsqu’on discute de ce sujet, la question se pose souvent des prix pour lesquels partent les objets lors de ventes aux enchères. S’il est impossible d’estimer le montant précis des dommages, pour l’Histoire, l’essence principale de la perte est la perte de connaissance du passé, la perte d’informations qui ne pourront jamais être restaurées.

Les fouilles prédatrices détruisent la possibilité même d’obtenir de nouvelles connaissances historiques. Il ne reste qu’un tas d’objets, dont l’emplacement et les circonstances sont inconnus et sont « nettoyés » de leur histoire, dont l’étude ne révèle plus l’image du passé dans son intégralité. Ainsi, la lutte contre le pillage est maintenant apparue comme l’une des tâches les plus urgentes dans le domaine de la préservation du patrimoine historique et culturel de notre pays. D’autre part, malgré l’abondance de réseaux de revente d’antiquités, le fait que l’origine de ces objets soit le résultat d’excavation illégale, ne peut généralement pas être prouvé, si les principaux acteurs de ces fouilles ne sont pas directement pris la main dans la fosse.

Toute amélioration des normes juridiques qui déterminent les relations liées aux objets archéologiques n’entraînera pas de résultats sans l’arrêt de publicités expliquant les découvertes possibles grâces aux détecteurs de métaux. D’une certaine manière, une acceptation plus ou moins dissimulée de « L’archéologie noire ». Une véritable politique de l’autruche.  En faisant de rapides recherches, on se rend d’ailleurs très vite compte que certaines enseignes précisent : « La chasse au trésor est à vous » Cette publicité se concentre donc sur une certaine forme de pillage sans l’évoquer entièrement, elle sous-entend la découverte possible d’objets précieux donc dans la plupart des cas anciens. Et même si les vendeurs ne sont pas responsables de l’utilisation déviés de ces détecteurs par leurs clients, il s’agit d’une violation directe de la législation actuelle sur les objets du patrimoine culturel. Hélas, la France étant elle-même un immense site archéologique à ciel ouvert, elle permet avec facilité, la multiplication des pilleurs qui ne maîtrisent que trop bien les méthodes professionnelles de recherche de sites archéologiques, anticipe ainsi la présence d’archéologues de métier sur le terrain, empêchant ainsi la découverte de nombreux monuments, voire de sépultures essentielles à notre passé et donc également à notre présent. Malheureusement, la plupart de ces fouilles prédatrices sont considérées comme un hobby inoffensif. Et leur véritable pouvoir destructeur n’est pas toujours réalisé par la société. Au final si cette hémorragie archéologique ne cesse de prendre de l’ampleur comme c’est le cas actuellement, si une réelle révision, concrète et surtout efficace des textes de loi n’est pas entreprise, au cours des dix prochaines années, la France, l’Europe et à plus grande échelle, le monde perdra la majeure partie de son patrimoine archéologique.

Code du patrimoine Version consolidée au 1 juillet 2017

Étonnante découverte de rites funéraires chez un groupe de chimpanzés !

Un groupe international de primatologues ont pu observer une forme de rite funéraires chez un groupe de chimpanzé. L’article est publié dans la revue Scientific Reports.

Lorsque le personnel de la réserve a commencé à attirer les chimpanzés avec de la nourriture afin de tenter de les éloigner du cadavre, tous se sont écartés du corps, à l’exception de la mère adoptive de 33 ans prénommée Noël, [qui avait adopter Thomas au décès de ses parents il y a quatre ans] et de sa fille adolescente. Noël a immédiatement examiné les dents de Thomas, et c’est à l’aide d’une tige d’herbe dure qu’elle débutera son rituel, en nettoyant de façon intensive les dents du chimpanzé décédé.

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Des tentatives de réanimation ont également été notées. L’utilisation d’outils à but funéraires n’avait jamais été constaté jusqu’à présent.

« Les chimpanzés peuvent former des relations sociales à long terme qui continuent d’affecter leur comportement après la mort d’un partenaire », écrivent van Leeuwen et ses collègues. « Comme les humains, les chimpanzés ne peuvent pas traiter les proches parents avec négligence, ils traitent le cadavre avec beaucoup de soin, surtout quand il s’agit d’un membre proche du groupe, comme dans le cas qui vient d’être cité ».

 Les primatologues proposent deux hypothèses possibles pour expliquer ce comportement. D’une part, les chimpanzés peuvent former des liens sociaux à long terme qui, probablement, peuvent être si forts qu’ils sont maintenus même après la mort. Par conséquent, comme les humains, les chimpanzés ne peuvent ignorer le cadavre d’un congénère.

D’autre part, pour huit mille heures de surveillance de chimpanzés dans la même réserve aucun autre congénère n’aura eu ce comportement. Peut-être est-ce un cas isolé, causé uniquement par la curiosité des chimpanzés au sujet d’une situation relativement rare pour eux. Bien que les rituels funéraires varient selon les cultures, l’embaument, la momification dans certains cas, ou même tout simplement l’inhumation est toujours constatée. A contrario la plupart des animaux ne s’intéressent pas beaucoup à leurs congénères lorsqu’il présente les premiers signes de morts.

Néanmoins, les scientifiques ont de plus en plus de preuves de certaines pratiques funèbres inhabituelles dans le règne animal. Cette découverte aidera certainement à mieux comprendre comment les rituels funéraires sont également retrouvable chez l’Homme.